Un sale livre – Frank Andriat

Un sale livre
Auteur : Frank Andriat
Éditions : Mijade (partenariat)
Genre : Adulte / Drame / Actualité
Année de sortie : 2016
Date de parution : 20 octobre 2016
Je tiens à remercier les éditions Mijade de m’avoir envoyé ce roman dans le cadre d’un partenariat. Merci de m’avoir accordé votre confiance pour cette lecture. J’espère que ma chronique sera à la hauteur de leurs attentes.

 Synopsis

La prof de français propose à ses élèves un roman qui provoque le débat.

Justine le trouve génial, mais il choque son père.

Tristan, grand lecteur, émet des réserves à son propos, mais la belle Amalia l’adore.

Le sujet est dur, le ton très réaliste : les réfugiés syriens ne sont pas les bienvenus pour tout le monde.

Rien, Nadir est décidément un sale livre dont aucun lecteur ne sort indemne.

Jusqu’à ce que son auteure vienne au collège pour témoigner de son terrible parcours.

Jusqu’à ce que la fiction rejoigne la réalité et rencontre l’amour. Un nouveau roman tout en nuances, une réflexion sur la littérature et sur le monde.

Mon avis :

Dès les premières pages de ce roman, j’ai été très troublé par le style utilisé par Frank Andriat. Il nous propose de vivre l’histoire d’un jeune réfugié syrien, par l’intermédiaire d’une prof de français et de ses élèves. Après un début troublant, l’immersion était totale, d’autant plus que je suis également un enseignant proposant à mes élèves la lecture de romans qui « font réfléchir ».

Parlons tout d’abord du titre de ce roman, un sale livre. C’est très troublant de se dire « Je vais lire un sale livre ». L’on pourrait s’attendre à tout avec une telle accroche. Et c’est effectivement le cas. Pourquoi ? Simplement parce que ce dernier aborde un sujet sensible qui ne devrait pas exister. Il nous parle de choses qui dérangent, qui choquent et qui, dans l’idéal, seraient à bannir définitivement. Malheureusement (et heureusement), certains auteurs sont là pour en parler.

A cause, ou grâce à mon métier, je me suis très facilement identifié à la prof de français. On apprend à (mieux) comprendre le travail indispensable de cette dernière auprès de ces élèves. Bien trop souvent, ceux-ci sont très réticents face aux lectures obligatoires et le font souvent sans le moindre enthousiasme. Peut-être qu’en leur faisant lire ce roman, ils comprendront que les enseignants n’ont pas comme unique objectif de « saouler » les jeunes lecteurs, mais bien de les amener à avoir un regard réflexif sur des valeurs primordiales (la liberté, la mort, l’abandon, …) ainsi que sur des événements d’actualités (Syrie, immigration, …).

Parlons un peu plus de l’écriture. C’est peut-être là que je vais parvenir à trouver un point faible, bien qu’il soit vite comblé. L’écriture, pendant une petite dizaine de page, troublera le lecteur, qui pourrait avoir quelques difficultés à s’y retrouver (malgré une police et couleur différente permettant de faire une distinction entre l’école et l’histoire de Nadir). Toutefois, on s’y fait très rapidement.

L’auteur vise un large public en utilisant un vocabulaire et des tournures de phrases très simples, et ce malgré des sujets très sensibles. Notons également que le talent de l’auteur est tel que l’on se retrouve totalement immergé dans la classe de la prof de français, tout autant que l’on se retrouve dans la peau de Nadir. L’écriture s’adapte à chacun des personnages, comme si le roman avait été écrit par divers auteurs, tous très talentueux.

Un dernier mot sur Frank Andriat pour finaliser cette chronique : merci. Je vous remercie de nous proposer l’histoire de Nadir sans pour autant nous imposer vos idées sur la situation actuelle en Syrie. Vous laissez le lecteur libre en lui permettant de se rattacher à divers points de vue (par les élèves de la classe). Nous sommes face à un roman qui provoque un débat, un débat ouvert.

Cette lecture, bien que destinée à un jeune public, parviendra à convaincre une grande majorité de lecteurs. Je vous conseille vivement de découvrir cette petite merveille.

Les points positifs

  • Un style très différent de ce que l’on retrouve habituellement.
  • Un sujet très sensible, la Syrie, mis en scène avec beaucoup de subtilité.
  • Le lecteur est libre de faire son propre opinion, à partir des débats mis en place dans cette classe de la prof de français.
  • Une écriture simple, subtile, …
  • Un sale livre, tout simplement !
Le point positif
  •  Il faudra quelques pages au lecteur pour comprendre le fonctionnement de l’auteur.

 

Ma note pour cette lecture : 19/20
 

Cette lecture, bien que destinée à un jeune public, parviendra à convaincre une grande majorité de lecteurs. Je vous conseille vivement de découvrir cette petite merveille.

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Le bruit assourdissant des étoiles – Monique Bernier

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Auteur : Monique Bernier
Éditions : Mon petit éditeur
Genre : Adulte / Multi-genres 
Année de sortie : 2017
Cette lecture est un partenariat avec l’auteure Monique Bernier. Cette dernière m’a contacté il y a quelques semaines afin que je donne mon avis sur les deux derniers ouvrages qu’elle a écrit. Un tout grand merci de m’avoir envoyé les ouvrages en format papier, c’est toujours un plaisir de découvrir un auteur que je ne connaissais pas.

 Synopsis  :

C’est l’histoire de Catherine. Elle a cinq ans et va bientôt avoir une petite sœur. C’est le début du cauchemar.

Des phénomènes étranges apparaissent…, des étoiles que personne d’autre ne voit se promènent près de sa chambre, dans les arbres.

Elles entrent par la fenêtre et veulent la dévorer. C’est aussi l’histoire de Claire, sa maman. Une histoire à deux voix… ou peut-être même trois, car il y a aussi la voix de la folie, celle de Camille qui se love entre la mère et la fille, qui s’insinue dans leur relation.

Leur relation pourtant si belle quand elles étaient deux…

Mon avis :

La base de ce roman n’est être qu’une parfaite réflexion de ma vie privée. Je suis papa d’une petite fille qui rentre dans sa quatrième année et serai à nouveau père dans quelques mois d’un deuxième petit bout de chou. Je dois vous avouer qu’il ne m’est jamais venu à l’esprit que ma fille pourrait être jalouse du second enfant. Nous partons du principe qu’il est indispensable que les deux loulous aient une importance capitale dans notre famille.

Ce roman met en scène une situation identique, mais où la première née éprouve, à l’égard du « bébé » une haine profonde véhiculée par un intermédiaire, Camille, la folie. Tout au long de ce roman, Monique Bernier passe d’un point de vue à un autre, d’une époque à une autre pour tenter de nous mettre dans la peau d’une situation de vie que peu, voir personne, d’entre nous connaisse ou connaitront.

L’auteure est thérapeute de formation, et cela se ressent dans son écriture. Elle parvient, à travers 150 pages, à nous plonger totalement dans cette famille, dans ce cas de figure extrême (de haine et de folie). Elle y arrive en utilisant des termes simples, très précis avec un réalisme à en couper le souffle. J’ai lu ce roman d’une seule traite et j’étais totalement submergé par cette histoire. Je ressentais, de page en page, un besoin irrépressible de continuer la lecture.

En plus de vivre l’histoire, le lecteur se sent « obligé » d’intervenir. Beaucoup de passages ne sont pas conformes à ce que nous imaginons en tant qu’enfant, adolescent ou parent et on aimerait tellement intervenir pour donner son avis, ou même changer le cours des événements. Si je le pouvais, je secouerais vivement cette petite fille de 5 ans qui éprouve des sentiments improbables pour ces proches (maman est une sorcière, …). Le plus exaltant, c’est qu’on ne peut rien faire. Le lecteur doit se laisser porter par les mots de l’auteure, quel plaisir.

J’ai tout de même un reproche à faire à ce roman, c’est sa finalité. Je m’étais construit ma petite idée personnelle, avec un scénario final bien précis. Finalement, tout s’écroule et je suis obligé de constater que je suis ému aux larmes, en total désaccord avec Monique Bernier. POURQUOI ???? ai-je envie de crier…

Tout compte fait, ce n’est pas véritablement un reproche. L’autrice pousse ses lecteurs à s’interroger, à apporter un regard extérieure à une situation que l’on vit de l’intérieur. Il ne s’agit pas d’une intrigue policière où il y a une résolution finale heureuse. Ce roman traite d’un sujet de notre réalité et il est important de prendre conscience que tout n’est pas toujours rose et parfait. C’est un réel plaisir de pouvoir lire un ouvrage authentique où l’objectif premier n’est pas de convenir au moule classique de la majorité des romans actuels. Merci Monique Bernier.

Les points positifs

  • Un roman authentique.
  • Une auteure qui maitrise parfaitement son sujet.
  • Une écriture très fluide, où les passages d’une personnage à l’autre, d’une époque à l’autre ne font en toute facilité.
  • Un roman court –> Toutes les émotions éprouvées sont condensées. Explosion des émotions pendant la lecture.
  • Une immersion totale.
Le point négatif

 

  • Une fin qui sort des sentiers battus. Cela déstabilise dans un premier temps.

 

Ma note pour cette lecture : 20/20
 

Un roman coup de coeur. C’est un roman qui vous marquera pendant longtemps, très longtemps.

La fille de Brooklyn – Guillaume Musso

Les livres ont une singularité qui confine à la magie : ils sont un passeport pour l’ailleurs, une grande évasion.

Ils peuvent servir de viatique pour affronter les épreuves de la vie.

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Auteur : Guillaume Musso
Éditions : XO Editions
Genre : Romance / Drame
Année de sortie : 2016

 

Synopsis : «Je me souviens très bien de cet instant. Nous étions face à la mer.
L’horizon scintillait.

C’est là qu’Anna m’a demandé :

« Si j’avais commis le pire, m’aimerais-tu malgré tout ? »

Vous auriez répondu quoi, vous ?
Anna était la femme de ma vie. Nous devions nous marier dans trois semaines. Bien sûr que je l’aimerais quoi qu’elle ait pu faire.

Du moins, c’est ce que je croyais, mais elle a fouillé dans son sac d’une main fébrile, et m’a tendu une photo.
– C’est moi qui ai fait ça.

Abasourdi, j’ai contemplé son secret et j’ai su que nos vies venaient de basculer pour toujours.

Sous le choc, je me suis levé et je suis parti sans un mot.
Lorsque je suis revenu, il était trop tard : Anna avait disparu.

Et depuis, je la cherche.»

Mon avis :


Cette lecture fut très rapide… moins de 8 heures après avoir reçu le roman.

Dès le départ, l’intrigue est posée. Une jeune femme montre à son compagnon une photographie épouventable. Il s’enfuit. 15 minutes se sont écoulées…. Trop tard, elle n’est plus là.

Notre héros va donc se mettre à la recherche d’Anna dans le seul but de se faire pardonner. Et je dois admettre que ce roman est parfait pour les hommes, qui ne culpabilisent pas assez selon moi lorsque leur compagne/femme quitte le domicile conjugual pendant une courte période suite à une dispute. Mais y a-t-il vraiment beaucoup d’hommes qui lisent du Guillaume Musso ?

Le style de Guigui (pour les intimes) est très simple, pas de longues phrases, pas d’intrigue trop complexe. C’est un texte « brut » et c’est ce que j’aime dans le style littéraire de Musso.

La « traque » d’Anna est la partie la plus pasionnante du roman. J’ai vraiment oublié qu’il s’agissait d’une romance et j’étais incapable de lâcher le roman car chaque fin de chapitre me poussait à lire la suite.

Pas énormément de suspense, mais l’histoire est très intense. Peu de détails, beaucoup de mouvement. Par contre, on ne peut douter qu’il s’agit d’une fiction. Impossible de transposer l’histoire à la réalité.

Que feriez-vous si l’amour de votre vie vous avoue avoir commis les pires choses imaginables? Comment auriez-vous réagi ?

Par contre, je pousse un gros coup de gueule auprès des éditions XO J’ai actuellement 8 romans de Musso dans ma bibliothèque, 4 présentations différentes, 3 formats différents, 3 différentes textures de papier.

Et dans une bibliothèque, c’est môche, vraiment très môche. Et comme j’attache autant d’importance à l’objet-livre qu’à son contenu, « La fille de Brooklyn » ne fera pas partie de ma bibliothèque.

Les points positifs

 

  •  Une véritable intrigue, il ne s’agit pas uniquement d’une romance.
  • Guillaume Musso sort (légèrement) de son schéma classique, ce qui facilite la lecture.
  • A l’exception de 15 pages au début ou à la fin, Musso permet au lecteur de s’identifier facilement aux sentimens de certains hommes. Très rare également dans ses romans.

 

Les points négatifs

 

  • Il s’agit d’une fiction, et à aucun moment je ne me suis dit : « Cela pourrait être vrai. »
  • L’Objet-livre.
  • Manque de continuité des Editions XO pour offrir un format/mise en page identiques de roman en roman. 

 Ma note pour cette lecture : 16/20