L’homme qui voyait à travers les visages – Eric-Emmanuel Schmitt

Auteur :  Eric Emmanuel-Schmitt
Éditions : Albin Michel
Genre : Adulte / Philosophie 
Année de sortie : 2016

Synopsis :

Après La nuit de feu, Eric-Emmanuel Schmitt poursuit son exploration des mystères spirituels dans un roman troublant, entre suspense et philosophie.

Tout commence par un attentat à la sortie d’une messe. Le narrateur était là. Il a tout vu. Et davantage encore.

Il possède un don unique : voir à travers les visages et percevoir autour de chacun les êtres minuscules souvenirs, anges ou démons qui le motivent ou le hantent.

Un sage qui déchiffre la folie des autres ?

Son investigation sur la violence et le sacré va l’amener à la rencontre dont nous rêvons tous..

Avant-propos :

J’ai découvert l’auteur par l’intermédiaire d’un reportage expliquant le « métier » des membres du jury du prix Goncourt. On y présentait Eric-Emmanuel Schmitt devant une pile de 50 romans qu’il venait juste de terminer. On voyait une certaine lueur dans ces yeux lorsqu’il nous expliquait sa méthode de travail, son goût pour la littérature, mais sans pour autant faire une quelconque promotion pour son nouveau roman. J’y ai vu une personne humble, aimant son métier et mettant tout en oeuvre pour les lecteurs.

Mon avis :

Pendant une petite cinquantaine de pages, j’ai été totalement envouté par ce roman. Dès le départ, on ne prend de sympathie pour Auguste, l’homme qui voyait les morts, lui qui était capable de percevoir ce que le commun des mortels ne peut faire. Juste avant l’attaque terroriste, il remarque un détail, qui aura toute son importance : le terroriste est accompagné d’un minuscule être de 30 centimètres qui parvient à convaincre le futur explosé de passer à l’acte… Auguste sait qu’il s’agit d’une personne décédée. Le lecteur également. Pas les millions d’autres… Très agréable mise en bouche.

C’est ensuite que tout dérape. A un moment de l’histoire, Auguste propose un sujet d’article afin de faire « revivre » le journal pour lequel il travaille : interviewer des célébrités sur leurs ressentis au sujet de l’attentat perpétré. L’auteur qui sera interviewé par notre « héros » est … roulement de tambour… Eric-Emmanuel Schmitt.

Vous ne vous trompez pas. L’auteur se met lui-même en scène dans son roman. Ce qui suivra est très décevant. Nous plongeons dès lors dans un roman où le personnage principal devient l’auteur lui-même. Il se pavane, se vante, fait de la promotion pour ces précédents romans, prétend avoir la science infuse sur les raisons qui poussent un homme à se faire exploser au nom de Dieu. Il se met en scène, dans le seul objectif de se mettre en avant, de vanter ses mérites, son talent, sa personnalité…

D’autres éléments sont marquants au cours de la lecture. Le choix de la ville, Charleroi, en Belgique stigmatise encore davantage la réputation qu’à la ville d’être le berceau de la délinquance « étrangère » en Belgique. Il est vrai que, malgré la nationalité belge de 99% des habitants de Charleroi, une très grande majorité d’entre eux ont des origines étrangères (Pologne, Maroc, Tunisie, Turquie, Italie, …). Est-ce une raison pour enfoncer un peu plus encore cette réputation néfaste ? Pourquoi avoir choisi la Belgique ?

Il s’agit d’un roman « philosophique ». Pourquoi ne pas mettre en place l’intrigue dans une ville inventée de toute pièce ? Pourquoi devoir systématiquement mettre en scène les événements d’une telle gravité dans une ville réelle, surtout qu’il s’agit d’une fiction ?

L’écriture est à l’image de la perception de son auteur pour lui-même. Ce dernier met en place un débat philosophique, un dialogue avec Dieu où il rédige et répond lui-même aux questions. Ce roman ne fait pas réfléchir sur l’implication d’une quelconque divinité dans les attaques terroristes, mais il donne l’avis très tranché de l’auteur. Cela va même plus loin. Il croit avoir raison !!! C’est un roman qui essaie de convaincre les lecteurs de certaines « vérités » sur Dieu.

Je regrette amèrement d’avoir déboursé 20€ pour acheter un tel roman. Comment un auteur, peut-il se faire de l’argent en se servant des attentats perpétrés au cours de ces dernières années ? Tous les médias français ont critiqué Trump qui utilise le même procédé. Pourquoi ne pas en faire autant avec tous les autres ?

Le point positif

  • La promesse de départ. Les premières pages mettent en scène une intrigue dont on a envie de connaitre la fin. Malheureusement, cela se limite à une cinquantaine de pages.

Les points négatifs

  • L’auteur se met en scène dans son roman afin de faire la promotion de ses romans, se vanter, mettre en avant ses certitudes sur Dieu, …
  • Une écriture qui se dit philosophique mais qui ne laisse aucune place pour le débat. L’auteur a un avis tranché et tente de relier l’auteur à sa cause.
  • Stigmatisation de Charleroi

Ma note pour cette lecture : 4/20

Alors que je pensais découvrir un auteur humble, j’ai découvert une personnalité très égocentrique qui nous propose un roman philosophie dénué de réflexion philosophique. Le prétexte (l’intrigue), pour aborder un sujet aussi grave, était parfait. Malheureusement, ce dernier s’souffle très rapidement à partir du moment où Eric-Emmanuel Schmitt se met en scène dans son propre roman.

 

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