
Autrice : Laura Weerens
Maison d’édition : Livr’s
Année de parution originale : 2024
Prix : 18,00 € (broché)
Durée de lecture : Environ 3 heures

Rêveriez-vous de vivre votre saison préférée pour l’éternité ?
Charlotte voit son destin basculer lorsque sa famille hérite d’un domaine réputé maudit, caché au cœur d’une forêt dense, non loin de la ville d’Hamelin.
Emprisonnée à ses dépens dans le mystérieux pavillon Automne, de dangereuses énigmes et des défis insensés rythmeront son quotidien. Mais le compteur tourne, Charlotte parviendra-t-elle à s’échapper avant la fin de la saison ?
Plongez au cœur de ce premier tome fascinant et découvrez si vous avez l’audace et l’ingéniosité nécessaires pour déjouer les pièges tendus par l’impitoyable pavillon Automne.

Aussi inattendu qu’un rayon de soleil au milieu d’une pluie d’octobre, ma rencontre avec Automne de Laura Weerens a bouleversé ma routine de lecteur. C’est au détour d’un salon littéraire, sur le stand discret de Livr’S Éditions, que j’ai découvert cette autrice que je ne connaissais pas encore. Comment ai-je pu ignorer pareille voix ? Comment un tel roman, empreint de beauté et d’étrangeté, a-t-il pu demeurer dans l’ombre de ses semblables ? Dès les premières pages, j’ai compris que j’entrais dans un lieu dont on ne ressort pas indemne.
Une plume, d’abord. Fine, sensible, presque diaphane. Laura Weerens écrit comme on respire la brume d’un matin d’automne, avec une tendresse grave et une justesse d’âme qui transpercent. Chaque mot semble ramassé à même le sol, comme une feuille rousse qu’elle essuie avant de la glisser entre les pages. Son écriture éveille les sens, convoque les souvenirs, et fait naître des émotions que l’on croyait enfouies. Elle ne raconte pas : elle murmure, elle caresse, elle écorche.
Tandis que l’intrigue se déploie, le lecteur découvre un univers d’une cohérence troublante. Le pavillon Automne n’est pas qu’un décor : il est personnage, souffle, conscience. Tout y est maîtrisé, pensé, construit avec la précision d’un horloger. L’autrice ne dirige pas ses protagonistes comme un marionnettiste ; elle les laisse exister, respirer, errer. Chacun d’eux devient le miroir d’une peur, d’un espoir, d’un éclat d’humanité suspendu entre deux mondes.
On s’attache à Charlotte comme on s’attacherait à une flamme fragile au milieu du vent. Sa peur devient la nôtre, sa solitude nous glace. On voudrait lui dire que tout ira bien, mais rien ne le garantit. J’ai lu ce roman le cœur battant, redoutant chaque tournant de page, prisonnier de la même tension qu’elle. Et lorsque la frontière entre le réel et l’irréel s’effrite, c’est notre propre certitude qui vacille.
Magistral, le final. Ce retournement que je n’ai pas vu venir, ce piège invisible dans lequel je me suis laissé tomber sans résistance. Laura Weerens y déploie un talent rare : celui de l’illusion sincère, du mensonge nécessaire. Elle nous avait prévenus, et pourtant nous y avons cru. Ce twist n’est pas un artifice : c’est une claque douce, une morsure de lucidité qui réveille. Cela faisait des années qu’aucune fin ne m’avait ainsi coupé le souffle.
Nulle exagération, nulle grandiloquence : tout ici respire la pudeur et la justesse. L’autrice préfère les ombres aux projecteurs, le silence aux cris. Le roman se referme comme une porte qui grince, laissant derrière lui un parfum de feuilles brûlées, de secrets et de regrets. On en sort songeur, bouleversé, avec la sensation d’avoir traversé une saison entière en une nuit.
Et lorsqu’on tourne la dernière page, un étrange vide s’installe. Celui que laisse un lieu qu’on a aimé, un visage qu’on ne reverra pas. Automne n’est pas seulement une lecture, c’est une expérience — celle d’un automne intérieur, d’une lente mue de l’âme. Laura Weerens signe ici une œuvre d’une profondeur rare, et offre à ses lecteurs un présent que peu d’écrivains savent donner : l’impression d’avoir, l’espace d’un instant, vécu ailleurs.
D’autres lecteurs en parlent :
Si vous avez rédigé une chronique littéraire au sujet de ce roman, n’hésitez pas à me contacter afin que je puisse la mettre en avant ici-même.

