

Frère Wulf poursuit son apprentissage auprès de l’Épouvanteur Johnson. Les journées passées à combattre les créatures de l’obscur s’enchaînent, plus périlleuses les unes que les autres.
Et si Wulf comptait sur ses nuits pour reprendre des forces, il se trompait : chaque soir, dans son lit, son sommeil est perturbé par d’étranges et inquiétants grattements…
Alors qu’ils effectuent une mission pour Tom Ward, Johnson et Wulf sont attaqués, et le jeune apprenti épouvanteur est capturé. Emmené de force dans un nouvel entremonde, Wulf va devoir faire face aux terribles révélations de son ravisseur…

Bluffant est le premier mot qui me vient à l’esprit au moment de terminer la lecture de la dernière page de cet ouvrage. Habitué de la plume de Joseph Delaney et de l’univers dans lequel évolue ses personnages depuis presque 20 ans, je m’attendais pas à découvrir un auteur libéré des contraintes qu’il s’était imposé depuis les premiers pas de l’apprenti épouvanteur Tom Ward.
Je me faisais déjà la réflexion dans le premier volume de Frère Wulf, mais l’impression d’être spectateur de la prise de pouvoir de l’intrigue par les personnages s’est définitivement confirmée. Entendons-nous bien, je suis parfaitement conscient que chaque ligne a été pensée et écrite par Joseph Delaney, mais cela n’enlève rien au fait que l’auteur semble raconter une histoire qui se déroule sous ses yeux.
La narration en « je » m’émerveille toujours autant quand elle est à ce point aboutie et permettant ainsi une immersion totale au point de faire oublier au lecteur qu’il ne s’agit que d’une fiction. Je peux vous garantir que certains lecteurs hésiteront plusieurs fois à regarder en dessous de leur lit s’ils entendent le parquet grincer…
J’apprécie énormément pouvoir suivre les aventures d’un jeune héros totalement nouveau et indépendant de la première saga de Joseph Delaney où ce dernier, même si l’on remarque de nombreuses apparitions d’anciens personnages, parvient à les placer au second rôle et offrant ainsi aux nouveaux lecteurs le plaisir de découvrir Frère Wulf sans se sentir obligé de lire les sagas précédentes (L’épouvanteur et Thomas Ward) ni être lésés par ce manquement.
L’intrigue de ce deuxième volume m’a totalement bluffé tant je m’y attendais pas un seul instant. Notre jeune héros vient de nous dévoiler certains de ses secrets, qu’il ne connaissait pas lui-même, qui ont permis à Joseph Delaney de se détacher presque totalement du personnage de sa vie d’écrivain, l’épouvanteur. Il avait déjà tenté le coup à plusieurs reprises (Arena 13, Aberrations) mais sans succès. Y parviendra-t-il enfin avec Frère Wulf ?
