Les enquêtes du commissaire Van In : Le carré de la vengeance – Pieter Aspe

Auteur : Pieter Aspe

Maison d’édition : Albin Michel

Année de parution : 1995

Prix : 18,25€ (broché), 8,49€ (e-book), 8,40€ (poche)

À Bruges, la bijouterie Degroof a été cambriolée. Rien n’a été volé, mais le malfaiteur a fondu tous les bijoux dans un bain d’acide. Sa signature : un énigmatique message en latin…

L’enquête est confiée au commissaire Van In, un flic buté étranglé par ses dettes, au sale caractère et à l’humour caustique. Amateur d’art, de cigares, de bières et de jolies femmes, il n’a pas son pareil pour déjouer les affaires les plus tordues.

Avec Versavel, jumeau d’Hercule Poirot à l’homosexualité revendiquée, et Hannelore Martens, substitut du procureur affriolante et ambitieuse, Van In plonge dans la grande bourgeoisie brugeoise où il ne fait pas bon déterrer les secrets enfouis…

Je tenais à débuter cette chronique à pousser un petit coup de gueule à l’égard d’Emmanuèle Sandron, traductrice de ce roman. Malgré le fait que ce roman ait été publié en Belgique en 1995 (en néérlandais), il me paraît inconcevable que l’on puisse traduire en 2008 certains passages de ce roman au mot près, du moins sans y indiquer des notes de bas de page explicatives. J’ai, effectivement, été très surpris par la plume ce Pieter Aspe qui n’hésitait pas à rabaisser de nombreuses catégories de personnes, mais plus particulièrement les femmes et les personnes handicapées.

L’auteur ne se cache pas – était-ce encore la norme dans les années 90 ? – et affirme, à travers son personnage principal ses déboires. Un enfant trisomique devient un enfant mongolien, la femme qui réussit est bien entendu une femme qui couche ou qui se balade la jupe à raz de la touffe, sans oublier les nombreux passages où la personne handicapée n’est pas considérée comme un être égal aux autres. J’aurais donc apprécié une « désolidarisation » de la traductrice ou bien encore une petite note explicative (même si à mon humble avis, un enfant trisomique n’est pas un mongol, peu importe l’explication).

Malgré cela, je viens de passer un très bon moment aux côtés du commissaire Van In, un personnage atypique, qui parvient à apporter une autre dimension à la définition propre au roman policier. Pas de meurtre, pas de sang, uniquement une enquête simple et banale en apparence. Grâce à cette simplicité, Pieter Aspe parvient à surprendre son lecteur. En effet, sans que je n’en prenne réellement conscience, j’ai été happé tout du long de mes 3 heures de lecture sans prendre conscience que 80% du roman était constitué de descriptions et très peu d’actions.

Ce premier volume des aventures du commissaire Van In est un roman d’introduction. Il nous permet de découvrir le personnage atypique tout en nous habituant à la plume relativement addictive de l’auteur qui parvient à rendre intéressant l’inintéressant. Le lecteur devient son confident en lui confiant des secrets que les enquêteurs ne connaissent pas, un peu à l’image d’un bon Columbo !

J’ai beaucoup apprécié le commissaire Van In en tant que fonctionnaire de police, beaucoup moins en tant qu’homme. Pieter Aspe en a malheureusement fait une copie de sa propre personne. Alcoolique – pas une seule page sans une bière Duval (qui est la cause unique du décès de l’auteur en 2021) – misogyne et ou bien encore, son dégoût total pour la population wallonne en Belgique.

Il n’est pas rare, en effet, que l’auteur parvienne à glisser son mépris pour les francophones qu’il appelle franquillons (dans sa définition péjorative) afin de mettre en évidence la supériorité flagrante du peuple flamand.

Ce serait malhonnête de ma part de ne pas poursuivre l’aventure auprès du personnage principal en espérant que ce qui précède n’était que le reflet de mon imagination débordante. Je vous retrouverai donc prochainement pour la chronique du deuxième volet des aventures du commissaire Van In.

Note : 3 sur 5.

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