Les Ainés / 1. Les cycles corrompus – Serenya Howell

Auteur : Serenya Howell
Éditions : Plume Blanche
Genre : Fantasy 
Année de sortie : 2020
 

Synopsis :

Depuis la Tour, leur demeure, les Aînés et leurs Maîtres veillent sur les Sept-Royaumes. Être appelé à les servir est un honneur, se lier à l’un de ces dieux est le rêve.

Il en existe toutefois un pour lequel personne ne nourrit la moindre ambition : Asroth, l’incarnation de la Mort, qui entraîne l’esprit de ses Maîtres, l’un après l’autre, vers les ténèbres et nourrit leur âme du sang de la guerre…

 

Rencontre à Mon’s Livre :

Comme chaque année – en même temps, cela ne fait que deux ans – j’attends, avec une impatience non dissimulée, le salon du livre de Mons afin d’y obtenir toutes les nouveautés de l’année suivante de la maison d’éditions Plume Blanche. Contrairement à l’année précédente, où je ne connaissais pas cette dernière, j’ai bavé pendant de nombreux mois sur le roman de Serenya Howell.

Et comme je lui avais promis sur les réseaux sociaux, j’étais présent dès l’ouverture du salon pour me jeter sur cette jeune fille timide née au cours de la plus belle année du XXème siècle. Et je ne dis pas cela parce que je suis né en 1987 !!! Sans juger l’auteure, je n’ai pas pu m’empêcher de penser qu’elle était cinglée …

(Tu m’as promis de lire toute la chronique jusqu’au bout chère Serenya !!! xD).

Cinglée. Dans son monde. Dans SON MONDE. Le monde dans lequel elle nous transporte dans son roman. En à peine quelques minutes, je me suis rendu compte que je n’avais pas en face de moi une simple humaine, mais plutôt une représentante vivante de l’univers de son roman, du monde qu’elle est parvenue à créer. Elle était le lien, l’intermédiaire entre la réalité et la représentation « draconique » de la mort, le terrible Asroth qui, d’ailleurs, nous a fait l’honneur de sa présence diabolique au salon. Denörth s’est-il caché en Belgique sous le nom de Serenya Howell ?

Introduction :

J’ai détesté ce roman de Serenya Howell.

J’ai commencé à lire des romans très jeune grâce au talent de Mary Higgins Clark dont je dévorais tous ses romans alors que je n’avais que 7 ou 8 ans à peine. En une vingtaine d’années, j’ai lu plus de 1500 romans différents et celui qui occupe la première classe du classement est le même depuis 1997. 23 années qui viennent d’être « bousillées » par ce petit ovni écrit par une jeune bordelaise d’à peine 30 ans.

Après quelques pages seulement, j’ai compris qu’il ne s’agissait pas d’un roman comme un autre, que j’avais entre mes mains une pure merveille que j’ai dévorée en quelques heures seulement. Je m’étais même obligé à attendre une année avant de publier la chronique que vous êtes en train de lire au risque de faire trépigner d’impatience l’auteure (avant de finalement craquer en la publiant aujourd’hui). Qualifiant ce premier roman de « coup de coeur » après seulement quelques minutes de lecture, je ne me sentais pas suffisamment objectif pour en tirer une critique littéraire constructive et donc, sans le moindre intérêt pour d’éventuels futurs lecteurs.

Je me suis donc lancé dans une deuxième lecture qui accentue encore davantage ma certitude d’avoir entre mes mains une pure merveille digne des plus grands auteurs de ces 50 dernières années. Après quelques mots à peine, le lecteur ne fait plus partie de ce monde et se retrouve, malgré lui et très naturellement, immergé dans l’univers qui sort de l’imagination de l’auteure avec une facilité déconcertante. A chaque fois que j’interrompais ma lecture, quelques heures venaient de passer et il me fallait systématique quelques minutes pour me souvenir que je n’étais pas dans l’histoire et que je lisais un livre.

J’avais cette étrange impression d’avoir établi un lien unique avec les mots, avec l’intrigue et avec les personnages à l’image de ce lien si rare et unique qui lie un dragon avec son maître.

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Si vous avez l’habitude de me lire, vous savez que je n’aime pas me servir du résumé d’un roman afin de construire ma chronique car j’estime que c’est le boulot du lecteur de lire le résumé proposé par l’auteur et/ou l’éditeur sans oublier que trop nombreux sont les blogueurs et critiques littéraires qui se limiteront du synopsis pour terminer sur un « J’aime bien car on parle de dragon ! ». Mais quand l’auteur se limite à une description aussi énigmatique, on peut envisager une petite exception.

Serenya Howell nous propose de suivre les aventures d’un jeune homme destiné à devenir le Maître de l’un des sept dragons assimilés comme des dieux et admirés de tous. Après avoir été une première fois appelée à assister à une éclosion (synonyme de la désignation d’un nouveau maître), la Reine des Ainés intervient et lui réserve une surprise de taille. Il existe un huitième dragon. Celui que tout le monde haï. Il représente la Mort. Asroth, le Maudit, est sur le point d’éclore à son tour et désignera son prochain maître.

L’élu malheureux parviendra-t-il à renverser la mentalité dévastatrice et sanguinaire de ce dragon qui sème, avec joie, la mort ?

Mon avis :

Alors que j’ai un petit faible pour les dialogues, je me suis laissé surprendre par ce roman où les discussions sont relativement « rares » grâce au choix judicieux de Serenya Howell de proposer à ces lecteurs toutes les pensées des différents narrateurs. C’est un peu comme si nous étions leur confident secret à qui ils se confiaient.

Cela accentue davantage un côté immersif très présent. Pas une seule seconde, je n’ai douté de ce que j’étais en train de lire. Cela me semblait si évident que les dragons existent, vraiment ! Sans douter non plus qu’ils règnent sur le monde en compagnie des hommes et ce n’est qu’une fois le roman refermé que j’en viens à regretter ce monde dans l’auteure a probablement été le témoin dans une autre vie.

Après de nombreux échanges sur les réseaux sociaux, je me suis rendu compte que Serenya Howell est une grande stressée et attend, avec inquiétude, les premiers retours sur son roman. Une fois de plus, je peux dire que cette jeune trentenaire est complètement cinglée.

En ce qui me concerne, quand je sortais d’un examen, je savais pertinemment si j’avais réussi. De même que je suis parfaitement conscient que je n’ai aucun talent inné pour écrire une histoire. Serenya Howell n’est-elle donc pas consciente d’être une auteure exceptionnelle et qui possède un réel don pour narrer ces histoires ? C’est la première fois, depuis l’avénement Harry Potter en 1997, que je me retrouve dans cet état de béatitude.

Serenya Howell nous propose trois parties pour ce premier roman édité aux éditions Plume Blanche. J’aurais préféré qu’elle ne propose pas les deux dernières pour ce premier volume. A la fin de ce dernier, j’étais dans un état de détestation total pour l’auteure au point de lui envoyer illico presto un colis piégé pour me venger. Et pourtant, ce que j’apprécie le plus dans un livre, c’est être piégé par son auteur qui nous oblige à devoir patienter de longs mois avant de connaître le dénouement final.

Serenya Howell a pris le parti de proposer une « solution » au dénouement dramatique de la première partie et se tire finalement une balle dans le pied, car elle m’a enlevé la moindre once d’imagination sur la suite des événements à la limite du classique « et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ».

Finalement, et même si son emploi est utilisé exclusivement en littérature pour désigner des actions incertaines, je n’ai pas apprécié l’utilisation du subjonctif imparfait qui, d’une certaine manière, vieillit et alourdit le texte.

Les points positifs

  • Une immersion totale
  • Une intrigue à couper le souffle
  • Une plume enchanteresse et dévastatrice

Les points négatifs

  • L’utilisation du subjonctif imparfait.
  • Un dénouement « final » trop carré, sans réelles perpectives pour le lecteur.

Ma note pour cette lecture : 20/20

Je ne trouve pas les mots justes pour qualifier les émotions que j’ai ressenti à la fin de cette lecture. J’ai découvert, grâce au travail des éditions Plume Blanche, un livre d’une grande qualité visuelle contenant une intrigue à couper le souffle. Serenya Howell est devenue, sans que je ne pensais cela possible, l’auteure dont j’apprécie le plus la plume de mes vingt-cinq dernières années de lecture.

 

 

2 commentaires

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