Le Secret du Faucon, T.3 – A.D. Martel

Les ombres menacent Cyrielle plus que jamais.

Godefroy se révèle aussi difficile à amadouer qu’une bête sauvage et les ennemis se rapprochent.

Traquée, la jeune femme devra faire preuve de courage et de détermination. Le guerrier sanguinaire constitue sa seule option et elle compte bien s’imposer auprès de lui.

Entre danger, magie, et action, ce troisième tome vous réserve encore bien des surprises !

Voici le troisième tome de la série médiévale fantastique d’A.D. Martel. Fans d’histoire et de fantasy trouveront leur bonheur dans ce moyen-âge cruel et sans pitié. Sans oublier que l’amour peut surgir sous n’importe quelle forme, surtout lorsqu’on s’y attend le moins…

C’est toujours un immense plaisir de me replonger dans l’univers d’A.D. Martel, mais plus encore de retrouver ces personnages qui, au fil des tomes, ont fini par se faire une place dans mon quotidien. Ils sont devenus, à leur manière, de vieux cousins éloignés que l’on retrouve avec une joie sincère, impatient d’écouter le récit de leurs dernières mésaventures depuis notre précédente rencontre. Avec cette familiarité presque troublante qui nous donne parfois l’impression de les connaître depuis toujours.

La plume de l’autrice possède cette authenticité rare qui lui permet de s’effacer complètement après quelques pages. Les personnages prennent alors possession du récit, s’émancipent de leur créatrice et semblent décider seuls de leur destinée. Les bonnes décisions succèdent aux mauvaises (à moins que ce ne soit l’inverse ?), les certitudes vacillent et les événements s’enchaînent avec un naturel déconcertant. À certains moments, j’en viendrais presque à soupçonner ces protagonistes d’en faire délibérément à leur tête, au grand désespoir d’une autrice qui leur avait peut-être imaginé une existence un peu moins mouvementée. Et c’est précisément cette impression de liberté, cette formidable illusion d’une histoire qui s’écrit toute seule, qui rend la lecture aussi vivante.

Bon. Je l’avoue. Il est temps de laisser parler mon égoïsme de lecteur.

Chère A.D. Martel, n’en avez-vous pas assez de me torturer de la sorte ?!

Parce que, très franchement, je suis à deux doigts de débarquer à votre prochain salon littéraire pour vous secouer comme un prunier, à la manière de Godefroy, histoire de vous rappeler qu’un minimum de compassion envers vos lecteurs serait tout de même appréciable ! Vous rendez-vous seulement compte de ce que vous nous infligez ? De ces pages que l’on tourne avec une avidité presque indécente ? De ces heures de sommeil sacrifiées ? De cette frustration absolument insupportable lorsque l’on réalise, avec effroi, que la dernière page approche dangereusement ?

Vous l’aurez compris, derrière cette indignation volontairement théâtrale se cache un reproche que je formule avec toute l’affection dont je suis capable : A.D. Martel possède ce talent particulièrement agaçant de ne jamais m’en donner assez.

Qu’on ne s’y trompe surtout pas ! Il ne s’agit aucunement d’une autrice qui cherche à étirer artificiellement son intrigue en multipliant les rebondissements faciles ou les cliffhangers destinés à maintenir le lecteur en otage. Chaque événement trouve sa place, chaque décision possède ses conséquences et chaque avancée du récit répond à une véritable nécessité narrative. L’écriture avance avec une remarquable fluidité, sans s’encombrer de descriptions interminables ni de digressions qui viendraient ralentir l’aventure. Tout semble parfaitement dosé, maîtrisé, pensé jusque dans ses moindres détails.

Et c’est justement cela qui m’agace prodigieusement !

Car, voyez-vous, je suis désormais tellement accro à cette saga que j’en viens à souhaiter l’impensable : qu’A.D. Martel nous ponde encore une bonne vingtaine de tomes avant de daigner nous offrir son dénouement final ! Vingt tomes supplémentaires pour retrouver ces personnages, partager leurs joies, subir leurs mauvais choix, trembler pour leur avenir et continuer à m’indigner, avec une mauvaise foi parfaitement assumée, des tourments que leur réserve leur créatrice.

Quel délicieux paradoxe, finalement ! Me plaindre de ne pas obtenir assez rapidement les réponses que j’attends tout en redoutant le jour où elles me seront enfin données. Réclamer la suite avec une impatience presque enfantine tout en souhaitant secrètement que cette aventure ne s’achève jamais.

Voilà peut-être la plus belle réussite d’A.D. Martel : être parvenue à construire un univers dans lequel je ne me contente plus de voyager en simple spectateur. J’y ai désormais mes habitudes, mes attachements, mes inquiétudes et, reconnaissons-le, quelques sérieux comptes à régler avec certains personnages.

Un univers que j’ai déjà peur de devoir quitter un jour.

Note : 5 sur 5.
  • Prochainement

Si vous avez rédigé une chronique littéraire au sujet de ce roman, n’hésitez pas à me contacter afin que je puisse la mettre en avant ici-même.


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