
Autrice : Mary Higgins Clark
Maison d’édition : Albin Michel
Année de parution originale : 1992
Prix : 7,99 € (numérique); 8,70 € (poche)
Durée de lecture : Environ 6 heures (352 pages)

Laurie Kenyon, vingt et un ans, est arrêtée pour le meurtre de son professeur. Tout l’accuse sans équivoque possible. Cependant Laurie ne se souvient de rien. Sarah, elle, refuse de croire que sa soeur est coupable.
Avec l’aide d’un psychiatre, elle va peu à peu faire revivre le terrible passé de Laurie : son enlèvement à quatre ans, les violences qu’elles a subies, les graves troubles de la personnalité qu’elle a développés depuis, à son insu.
Mais au même moment, le danger rôde à nouveau : le couple kidnappeur, qui a retrouvé sa trace, redoute ses révélations…
La romancière de La Nuit du renard, Grand Prix de littérature policière 1980, nous entraîne dans un suspense où se mêlent à chaque page l’angoisse, les cauchemars de l’enfance, la folie.

À l’heure où les réseaux sociaux consacrent chaque mois une nouvelle idole du frisson instantané, il est salutaire de se tourner vers un roman tel que Nous n’irons plus au bois. Mary Higgins Clark, déjà auréolée du titre de Reine du suspense, n’avait pas besoin d’artifice pour retenir son lecteur ; elle lui tenait le cœur. Ce livre nous rappelle qu’un thriller n’est pas un exercice de voltige tapageuse, mais l’art patient de déposer la peur, goutte après goutte, jusqu’à ce qu’elle devienne familière, presque intime.
Si les chapitres sont courts, c’est peut-être parce que la mémoire l’est aussi ; elle avance par flashs, par voix, par fragments. Laurie se souvient comme on respire après un choc ; par saccades. Nous, lecteurs, savons. Nous, lecteurs, comprenons. Nous sommes au balcon d’une tragédie dont elle ignore encore les personnages. Et quelque chose en nous, d’infantile et de tendre, voudrait traverser le papier pour lui murmurer ce que ses blessures lui taisent. Chez Higgins Clark, le danger est humain ; il porte un visage, une voix, une banalité effrayante.
Le suspense n’est pas la surprise. Le suspense est l’attente. Nous n’irons plus au bois en est la démonstration éclatante. À la manière d’un Columbo, nous ne cherchons pas la réponse, mais la réconciliation. Celle entre le passé et le présent. Entre la peur et l’espoir. Entre ce que Laurie fut, ce qu’elle est, et ce qu’elle pourrait redevenir.
Ce roman ne se contente pas de nous divertir. Il nous révèle ce que le trauma enseigne à ceux qui en reviennent. Qu’on ne guérit jamais seul. Qu’on avance malgré soi. Qu’une happy end peut parfois ressembler à une délivrance. Mary Higgins Clark savait cela. Elle l’écrivait sans le dire. Et c’est peut-être là que réside le secret de son règne ; derrière le thriller palpitait une humanité silencieuse, obstinée, bouleversante.
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