
Auteur : Maxime Chattam
Maison d’édition : Albin Michel
Année de parution originale : 2011
Prix : 18,90 € (broché), 9,99 € (numérique)
Durée de lecture : Environ 7 heures (94.000 mots)

Cap sur l’Europe !
Pour tenter de vaincre Entropia, l’Alliance des Trois s’embarque pour le vieux continent. Objectif : mettre la main sur le Cœur de la Terre.
Mais c’est un pays hostile qui les attend, où les Cyniks ont asservi les enfants. Obstacles, pièges, trahisons, les jeunes héros parviendront-ils à leurs fins ? Ou le chaos mortifère d’Entropia aura-t-il raison d’eux ?
La quête de Matt, Ambre et Tobias est loin d’être terminée…

C’est à partir de ce cinquième opus que, dans mes souvenirs d’une première lecture remontant à une dizaine d’années, mon enthousiasme pour la saga Autre-Monde avait commencé à s’éroder. Cette relecture n’a fait que confirmer ce ressenti : les failles qui m’avaient alors éloigné de la série me sautent aujourd’hui aux yeux avec la même acuité, sinon davantage. Pourtant, avec le recul, je perçois aussi plus clairement la cible éditoriale de la saga : un public adolescent, avide d’aventures haletantes et de héros à l’imaginaire débordant.
Il faut reconnaître que Maxime Chattam possède ce talent rare de rendre vivants ses mondes fictifs. Sa plume, fluide et visuelle, continue de faire mouche. On prend toujours autant de plaisir à retrouver Matt, Ambre et Tobias, comme de vieux amis que l’on revoit avec un brin de nostalgie. Leur dynamique fonctionne, les dialogues sonnent juste, et les scènes d’action s’enchaînent avec efficacité. Autre-Monde reste une saga accessible, immersive, dont l’univers coloré et foisonnant conserve un certain charme.
Mais voilà, c’est justement cette mécanique bien huilée qui, à force de répétition, finit par lasser. Le schéma narratif devient prévisible : Matt fonce tête baissée, Tobias le suit par loyauté, Ambre arrive in extremis pour les sortir d’affaire. Ce triptyque se reproduit à l’envi, et ce cinquième tome semble s’en accommoder sans chercher à le bousculer. L’impression de relire encore et encore la même boucle, simplement déplacée dans un décor différent, finit par émousser la tension dramatique.
La promesse autour du continent d’Oz, qu’on pensait centrale à ce tome, se révèle vite secondaire, reléguée à quelques lignes à peine. Ce choix narratif, frustrant, donne au lecteur le sentiment d’avoir été quelque peu trompé sur le contenu. L’intrigue tient certes debout, elle ne souffre d’aucune incohérence flagrante, mais elle manque de profondeur et de prises de risques. J’aurais souhaité des épreuves plus marquantes, des obstacles réellement insurmontables, des dilemmes moraux peut-être… Au lieu de cela, les rebondissements restent attendus, et l’ensemble s’inscrit dans une continuité trop sage.
On pressent déjà la fin de la saga : le bien triomphera, les ténèbres reculeront, l’ordre sera restauré. Mais est-ce trop demander que ce chemin vers la lumière soit semé d’embûches plus sérieuses ? Que les héros chutent, doutent, perdent quelque chose de plus essentiel que leur souffle dans une course-poursuite ?
En refermant ce tome, le constat est clair : Autre-Monde conserve sa magie, mais cette magie opère moins intensément qu’aux débuts de la série. Un tome agréable à lire, oui, mais qui manque d’audace. Et à ce stade de l’aventure, cela se ressent plus fortement encore.
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