Chaque matin, Eve se lève et embrasse tendrement son mari, Nate. Ils partent au travail ensemble, au lycée où elle enseigne les mathématiques et où Nate est professeur d’anglais. Une vie parfaite, réglée comme du papier à musique. Tranquille.

Pourtant, l’année dernière, l’école a été secouée par un scandale. Un professeur a été licencié parce qu’il aurait eu une liaison avec Addie, une élève. Et cette année, cette élève se retrouve dans la classe d’Eve et dans celle de son charmant mari.

Comme tout le monde, Eve sait que l’on ne peut pas faire confiance à la jeune fille, une menteuse invétérée qui fait du mal autour d’elle. Et quand la prof commence à comprendre qui est véritablement Addie et ce qu’elle cherche à cacher, il est déjà trop tard… ​

Avec La prof, Freida McFadden signe un roman qui, malheureusement, donne une véritable impression de déjà-vu. Ceux qui avaient été séduits par l’effet de surprise de La femme de ménage ne pourront que déplorer ici une intrigue recyclée, dépourvue de fraîcheur et marquée par un manque flagrant d’innovation narrative. On retrouve, roman après roman, la même structure scénaristique usée jusqu’à la corde, faisant craindre que l’autrice ne parvienne plus à sortir de son propre moule.

Le récit avance sans éclat, empêtré dans une trame d’une platitude déconcertante. Les personnages, pourtant prometteurs, sombrent vite dans des clichés prévisibles : l’enseignante désabusée, la jeune lycéenne exclue, et le beau professeur irrésistible. Rien ne parvient à briser ce sentiment constant d’une histoire banale qui ne va jamais assez loin pour captiver ou surprendre. Ni sombre ni lumineuse, l’intrigue flotte dans une zone intermédiaire sans prise de risque, perdant rapidement tout intérêt.

Quant au twist final, supposé être le moment fort de ce genre littéraire, il est ici d’une inconsistance affligeante. Non seulement cette révélation tombe à plat, mais elle est surtout complètement incohérente avec le récit antérieur. L’auteure tente maladroitement de nous faire croire tout au long du roman que l’amant secret de l’héroïne est un adulte mûr, marié et père de famille. Or, les dernières lignes nous livrent une révélation aberrante : ce supposé adulte est en réalité un adolescent de quinze ou seize ans, s’adonnant à une liaison clandestine avec sa professeure dans l’arrière-boutique d’un magasin de chaussures. Ce retournement de situation, loin d’étonner, agace par son absurdité et sème le doute sur la crédibilité même du roman tout entier.

En outre, la construction psychologique des personnages manque cruellement de finesse. Eve Bennett, censée incarner une femme complexe prise au piège d’une vie en apparence parfaite, finit par n’être qu’une caricature vide d’émotions. Sa passion pour les chaussures, poussée jusqu’à l’absurde, aurait pu constituer une porte d’entrée intéressante vers son intériorité, mais tombe malheureusement dans le ridicule, renforçant encore l’impression de superficialité.

La prof est un ouvrage qui peine à convaincre, pris au piège d’une intrigue répétitive, d’un dénouement risible et d’une écriture en panne d’inspiration. Freida McFadden devrait sans doute envisager une profonde remise en question pour renouer avec la créativité et l’originalité qui avaient pu séduire à ses débuts.

Note : 5 sur 5.

Si vous avez rédigé une chronique littéraire au sujet de ce roman, n’hésitez pas à me contacter afin que je puisse la mettre en avant ici-même.


4 réponses à « La Prof – Freida McFadden »

  1. Avatar de Karine Daban
    Karine Daban

    Bonjour, j’ai un gros doute quand vous écrivez dans votre chronique/avis : « Or, les dernières lignes nous livrent une révélation aberrante : ce supposé adulte est en réalité un adolescent de quinze ou seize ans, s’adonnant à une liaison clandestine avec sa professeure dans l’arrière-boutique d’un magasin de chaussures » : rassurez nous, vous n’avez tout de même pas révélé le fameux twist final ? c’est à dire le dénouement du livre ?

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    1. Avatar de Benjamin L. Urbanski - Le Parfum des Mots

      C’est exactement ce que j’ai fait. Révéler le Twist final totalement raté de ce roman.

      1) Ceux qui ont lu le roman seront rassuré de ne pas être les seuls à ne pas comprendre cette fin complètement absurde.

      2) Ceux qui n’ont pas lu le roman ont la chance de ne pas perdre quelques heures de leur vie à lire le roman d’une autrice qui se sert de son succès passé afin de vendre de la daube en papier.

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  2. […] en parlent également : Manuel, Aude, Benjamin, Marie, Rose, Cindy, Valérie, L’heure de lire, Culture VSNews, Les paroles s’envolent, […]

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