
Autrice : Robin Hobb
Maison d’édition : J’ai Lu
Année de parution originale : 1996
Prix : 20,90 € (broché), 8,49 € (numérique)
Durée de lecture : Environ 10 heures (127.000 mots)

Les Pirates rouges sèment la désolation dans les Six-Duchés. Le royaume ne dispose que de ressources limitées pour les combattre. Le roi est seul, entouré d’une cour qui intrigue, d’une armée qui doute et… d’un assassin royal.
Fitz est à présent devenu une arme redoutable. Il maîtrise le Vif – la faculté de communiquer avec les animaux – et l’Art. Guerrier accompli, rompu à tuer, il incarne la justice du roi.
Une charge d’autant plus lourde qu’il lui faut faire obstacle aux ambitions du prince Royal, un usurpateur en puissance…

Avec L’Assassin du roi, Robin Hobb poursuit brillamment son ambitieuse saga, plongeant le lecteur toujours plus profondément au cœur d’intrigues politiques finement ciselées, de mystères surnaturels fascinants et de dilemmes moraux d’une intensité rare. C’est avec une remarquable finesse psychologique qu’elle développe le personnage complexe de FitzChevalerie, jeune bâtard royal déchiré entre ses loyautés, ses devoirs et ses désirs profonds. Rarement la fantasy aura aussi justement exploré les nuances subtiles des rapports humains, offrant aux lecteurs des personnages à la fois torturés et attachants, douloureusement réels malgré leur contexte magique.
Robin Hobb possède une plume évocatrice, presque poétique, qui parvient à rendre palpables aussi bien les méandres psychologiques de Fitz que l’atmosphère sombre et pesante du royaume des Six-Duchés, en proie aux attaques des Pirates Rouges. Sa maîtrise narrative est remarquable : chaque événement, chaque dialogue s’inscrit avec fluidité dans un récit aux multiples strates, dont la richesse ne cesse jamais d’impressionner. Le mystère qui entoure l’Art et le Vif, ces deux magies antithétiques, contribue à rendre le roman passionnant, tout en amplifiant le sentiment de menace permanente qui plane sur les protagonistes.
Pourtant, il est impossible d’évoquer ce deuxième tome sans mentionner un choix éditorial français des plus discutables. En effet, la version originale anglaise du deuxième opus de la série étant très volumineuse, l’éditeur français a décidé de la scinder en deux tomes distincts, sans doute afin d’en tirer un bénéfice commercial évident. Il est difficile de ne pas ressentir une certaine frustration face à cette stratégie éditoriale quelque peu hypocrite, où l’aspect financier prime manifestement sur la logique narrative. Ainsi, la fin de L’Assassin du roi paraît brutale, presque incompréhensible tant elle coupe net l’intrigue en plein élan dramatique, laissant le lecteur avec une sensation désagréable d’inachevé. Une pratique regrettable, car elle nuit au rythme narratif parfaitement dosé par Robin Hobb dans sa version d’origine.
Malgré cela, il serait injuste de réduire ce roman à ce seul reproche éditorial. L’Assassin du roi demeure une œuvre magnifique, captivante et ambitieuse, un véritable modèle du genre qui séduit par l’intelligence de son intrigue et la profondeur émotionnelle de ses personnages. Il y a là une virtuosité littéraire évidente qui mérite d’être saluée. Pour les amoureux de fantasy exigeante, profonde et subtile, Robin Hobb s’impose plus que jamais comme une incontournable maîtresse du genre.
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