L’épée de Vérité, T. XII : La machine à présages – Terry Goodkind

Un présage ne ment jamais. Mais que se passe-t-il lorsque le destin lui-même est manipulé ?

Alors que Richard Rahl et Kahlan Amnell goûtent enfin à une paix fragile dans le Palais du Peuple, un mal ancien se réveille. Une mystérieuse machine, vestige d’un passé oublié, commence à délivrer des prophéties cryptiques… et toutes annoncent des catastrophes imminentes.

Mais très vite, Richard comprend que ces présages ne sont pas de simples avertissements : ils façonnent la réalité. Chaque événement prédit se réalise inexorablement, comme si une force invisible tirait les ficelles du destin. Qui contrôle cette machine ? Quelle sombre puissance cherche à plier l’avenir à sa volonté ?

Pris dans une spirale d’énigmes et de dangers, Richard et Kahlan devront percer le secret de cet artefact avant qu’il ne soit trop tard. Car la dernière prédiction est la plus terrifiante de toutes : la fin approche… et elle est inévitable.

Terry Goodkind signe ici un nouveau chapitre haletant dans l’univers de L’Épée de vérité, mêlant suspense, mystère et luttes de pouvoir dans un combat désespéré contre l’inéluctable.

Il y a des écrivains qui tirent sur la corde jusqu’à ce qu’elle lâche. Terry Goodkind n’en fait pas partie. On aurait pu craindre que La Machine à présages soit un énième retour forcé dans l’univers de L’Épée de Vérité, une de ces suites que l’éditeur impose pour engranger quelques billets de plus. Mais non. Goodkind ne joue pas à ça. Il revient à son monde comme on retourne chez soi après une longue absence : avec une vision claire, une plume acérée et une intrigue qui prend son temps pour tisser sa toile.

Ce premier tome d’un nouveau cycle nous replonge dans la vie de Richard et Kahlan, désormais installés dans une paix relative. Mais bien sûr, la tranquillité, c’est un luxe auquel ils ne peuvent jamais prétendre longtemps. Tout commence par des murmures, des ombres qui glissent sur les murs. Puis vient cette étrange machine, vestige d’un passé oublié, qui se met à cracher des présages de malheur comme un ivrogne balance des insultes. Le problème, c’est que ces prédictions ne sont pas de simples avertissements : elles s’accomplissent, inexorablement.

Là où Goodkind est particulièrement efficace, c’est dans l’ambiance. Il sait distiller l’inquiétude, cette sensation rampante que quelque chose d’atroce est sur le point d’arriver. L’angoisse se glisse sous les portes, s’insinue dans les dialogues, dans ces instants où Richard et Kahlan, pourtant si puissants, commencent à comprendre qu’ils sont piégés. La machine ne se contente pas d’annoncer l’avenir, elle le manipule, et plus ils tentent de s’en éloigner, plus le piège se referme.

Alors, est-ce que ce nouveau cycle est à la hauteur du premier ? Évidemment. On retrouve tout ce qui faisait la force de L’Épée de Vérité : le souffle épique, les dilemmes moraux, et cette sensation qu’on avance sur une corde raide au-dessus d’un gouffre sans fond. Goodkind ne tombe pas dans le piège de la suite inutile. Il a quelque chose à raconter, et il le fait avec la maîtrise d’un artisan qui connaît son matériau sur le bout des doigts.

Mais (car il y a toujours un mais), la fin… Eh bien, la fin laisse un goût de précipitation. On a grimpé une montagne, on a failli mourir d’asphyxie au sommet, et au moment où l’on croit qu’on va redescendre lentement pour savourer la vue, Goodkind nous propulse en bas d’un coup de pied. Tant de tensions, tant de catastrophes pour une résolution qui arrive comme un claquement de doigts. C’est un peu frustrant, un peu comme si on nous disait : « Bon, vous avez bien flippé ? Super, maintenant on remballe. »

Est-ce que ça gâche le voyage ? Pas vraiment. Parce qu’en attendant, Goodkind nous a offert un retour réussi dans son univers, une plongée fascinante dans le jeu trouble du destin et du libre arbitre. Et surtout, il nous a donné envie de savoir ce que cette foutue machine nous réserve encore. Parce que si une chose est sûre, c’est que les présages ne s’arrêtent jamais.

Note : 5 sur 5.

Si vous avez rédigé une chronique littéraire au sujet de ce roman, n’hésitez pas à me contacter afin que je puisse la mettre en avant ici-même.


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