

Après une journée caniculaire, un orage éclate au-dessus de Samain-sur-Clopette, petit village du Nord où réside « Gôt’ché » Maurel. Soudain, la foudre s’abat sur un saule planté des années plus tôt par son voisin Armand. Or ce dernier est absent ; il séjourne chez Aurélie, son ancienne compagne, qui s’est jadis exilée en Ardèche pour fuir un terrible secret. Au même moment, à trois cents kilomètres de là, Patricia, l’épouse de Gôt’ché, pressent un danger imminent. Accompagnée de son petit-fils Ethan, elle entreprend alors de retourner dans son ancienne maison.
S’ensuit une incroyable série d’événements réunissant une galerie de personnages aussi excentriques que déterminés : André, un médecin alcoolique et dépressif ; Odette, la voisine surnommée Miss Marple ; Mélanie, la bru d’Odette, la seule avec Ethan, à garder la tête froide ; Géraldine et Alex, un couple atypique ; et bien sûr Patricia qui s’autoproclame cheffe des opérations. La fine équipe se lance alors dans une enquête rocambolesque au cours de laquelle elle devra dévoiler des secrets profondément enfouis. Au propre comme au figuré.

Au moment où j’écris ces lignes, je n’ai pas encore eu le privilège de me plonger dans l’un des romans de Jean-Luc Menet. Pourtant, il m’a suffi de quelques minutes en sa présence pour comprendre qu’il n’est pas simplement un écrivain, mais une de ces âmes rares dont la simple existence éclaire le monde.
Jean-Luc Menet ne parle pas, il enchante. Il ne se contente pas d’exister, il irradie. En un regard, en un sourire, il m’a donné une leçon que ni les plus grands romans ni les plus grands philosophes ne m’avaient encore enseignée avec autant d’évidence : la bonté n’est pas un concept, c’est une force. Une force qui ne s’exhibe pas, ne se proclame pas, mais qui, lorsqu’elle est véritable, bouleverse.
Quelques jours ont passé. J’ai refermé le livre et pourtant, j’ai l’impression que quelque chose me regarde encore à travers ses pages. Les personnages de Jean-Luc Menet ne sont pas des héros. Ils n’ont pas de pouvoirs, pas d’armes secrètes, pas de destin exceptionnel. Juste des vies cabossées, des cerveaux qui tournent plus vite que leurs jambes, et des questions auxquelles personne ne veut répondre.
L’intrigue n’est pas complexe. Elle n’a pas besoin de l’être. Les personnages sont comme ceux que vous croisez chaque jour sans jamais les remarquer : le voisin d’à côté, le toubib du coin, la vieille dame qui semble tout savoir sur tout le monde. Le dénouement final est attendu (ou presque). Mais ici, ce n’est pas la destination qui compte, c’est le chemin. Et parfois, le chemin est bordé de tombes qu’il vaut mieux ne pas creuser trop profond.
Je ne me rappelle pas avoir déjà lu un roman aussi réconfortant. Enfin, un polar qui ne cherche pas à vous rouler dans la farine avant de vous balancer une fin en forme de gifle. Pas d’énième rebondissement sorti d’un chapeau, pas d’astuce de prestidigitateur pour nous faire croire à un miracle narratif. Juste une enquête. Une vraie.
N’espérez pas y retrouver les ficelles des thrillers américains où le suspense vous tire par la manche jusqu’à vous laisser exsangue dans un coin. Là-bas, on vous plonge dans un bain glacé d’adrénaline, puis on vous sort à la dernière page avec un twist final qui vous laisse haletant et hébété, comme un cadavre qu’on aurait ranimé trop vite (Si vous me lisez Jean-Luc, je n’en ai réussi à m’en empêcher). J’adore ça, moi aussi.
Mais ici, Jean-Luc Menet nous offre autre chose : une traque patiente, méthodique, où chaque pièce du puzzle est une main tendue vers le lecteur. Pas d’indices cachés sous un double fond ou codés dans une obscure prophétie. Sauf, peut-être, le squelette. Mais les squelettes ont ce talent étrange d’être toujours là où on ne les attend pas.
Exceptionnel.
D’autres lecteurs en parlent :
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