

L’héroïne, Katie DeMaio, est une jeune, séduisante et brillante adjointe au procureur dans une petite ville du New jersey. Un accident de voiture mineur la conduit à la clinique Westlake où elle aperçoit – ou croit apercevoir – au milieu de la nuit, une silhouette familière transportant un corps de femme inanimée dans une voiture.
Lorsque la femme est retrouvée le lendemain morte dans son lit, prétendument victime d’un suicide, Katie décide de découvrir la vérité, et met très vite au jour les scandales et les peurs enfouis dans la vie de personnages en apparence parfaitement équilibrés et respectables. Parmi ceux-ci : le Dr Edgar Highley, un grand gynécologue qui semble capable d’accomplir des miracles sur certaines de ses patientes, et dont la froideur distante cache peut-être autre chose que son intérêt pour les problèmes de maternité…

C’est toujours avec un grand plaisir que je me replonge dans un roman de la Reine du suspense et qui a bercé toute ma jeunesse. La clinique du Docteur H est un grand classique que beaucoup connaissent sans même l’avoir lu. On ne peut d’ailleurs reprocher à ceux qui lisent le synopsis de rapidement comprendre ce qui se trame derrière un titre qui, du moins en français, gâche une grande partie de l’intrigue. En effet, la traduction aurait dû être « Le berceau va tomber », mais les éditions Albin Michel ont fait le choix de la facilité de plaisir au public français (peu connaisseur à l’époque), très courant il y a une quarantaine d’années.
Ceux qui ne connaissent pas Mary Higgins Clark devraient s’y plonger au plus vite, afin de comprendre la signification du mot suspense. Alors qu’on ne jure plus que par les noms de Thilliez, Musso ou Bussi, ils sont à des années lumières de ce que nous proposait la Reine disparue en 2020. Le chapitre le plus court ne fait qu’une page. Le plus long, une dizaine grand maximum. Ce choix permet d’instaurer une angoisse constante où le lecteur est systématiquement tenté de lire une page de + où l’alternance des narrateurs accentue davantage cet effet de dépendance.
Le scénario, quoique très classique en 2024, n’est pas vraiment le point fort de ce quatrième roman de Mary, mais il parvient tout de même à nous tenir en haleine de la première à la dernière page sans que l’on possède cette sensation d’ennui. Le lecteur connait la fin du roman dès le départ, ou du moins il l’espère fortement, mais il aura toutes les difficultés du monde à décrocher, un peu comme si vous tombiez sur un Columbo – que vous avez vu 100 fois – sur Tv Breizh à 23h en étant dans l’impossibilité d’aller vous coucher ou de changer de chaine.
En relisant une énième fois ce roman, je prends conscience qu’une part du lecteur aimerait que le méchant de l’intrigue s’en sorte, non pas par sadisme mais plutôt pour que la chasse continue. Alors que Mary Higgins Clark n’a proposé que quelques romans avec un même personnage (en collaboration avec Alafair Burke), on pourrait regretter qu’elle ne soit parvenue à nous proposer des personnages récurrents dans ces plus jeunes années.

