Les enquêtes du commissaire Brunetti, T.2 : Mort en terre étrangère – Donna Leon

La police repêche, au petit matin, un cadavre flottant dans les eaux sales d’un canal de Venise. Tous les indices concluent à une agression crapuleuse, mais pour le commissaire Brunetti le mobile apparent est un peu trop simple. Et l’identité du mort est embarrassante : c’est un militaire américain de la base de Vicence.

Peu de temps après, un palazzo appartenant à un riche homme d’affaires milanais est cambriolé. Les deux affaires semblent apparemment sans rapport, et pourtant Brunetti s’obstine à en voir un, d’autant plus que dans son entourage on essaie fermement de le détourner de cette hypothèse.

Et comme ci tout s’entrelace, à l’image du labyrinthe des canaux, Brunetti devra naviguer dans des eaux que ne trouble pas seulement la pollution, entre les colères de son supérieur irascible et sa trépidante vie de famille. En toile de fond, la cité des Doges avec son atmosphère délétère et sa magie envoûtante.

Après quelques chapitres de ce deuxième volume des enquêtes du commissaire Brunetti, je me suis sérieusement demandé si le texte n’avait pas écrit par une toute autre personne que Donna Leon. Alors que je lui reprochais de proposer une intrigue policière relativement banale à l’aide d’une plume banale, voilà que je découvre une toute autre manière d’aborder cette nouvelle enquête dans le paysage vénitien.

Effectivement, Donna Leon nous propose un récit bien plus élaboré qui dépasse la simple résolution d’un meurtre permettant l’introduction des intrigues secondaires qui, je l’espère, viendront alimenter positivement les prochains tomes de la série tout en offrant une affaire policière indépendante d’un ouvrage à l’autre.

Bien que nous notons une volonté de l’auteure de s’inscrire dans la durée par l’intermédiaire du commissaire Brunetti, on ne peut qu’être ravi de la manière dont elle parvient à créer une certaine tension du premier au dernier chapitre où il devient très compliqué, pour le lecteur, d’interrompre sa lecture tant l’immersion est totale et tant chaque fin de page donne l’impression qu’une révélation sera dévoilée à la suivante.

L’intrigue, bien que plus complexe que lors du premier opus de la série, reste assez basique où le lecteur attentif parviendra à déterminer les grandes lignes de résolution. Alors que l’on se dirigeait vers un dénouement final assez particulier, Donna Leon a tout de même commis l’erreur d’y mettre un terme afin de s’assurer que « le méchant » soit reconnu comme tel.

Note : 4.5 sur 5.


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