

Alors que la nuit a déjà enveloppé de son ombre les maisons du village et que seules des lanternes en papier éclairent le chemin, la jeune Naoko avance dans son kimono blanc étincelant. Au bout de l’allée, Hajime, un soldat de la marine américaine, l’attend. En l’épousant, Naoko, pourtant promise à un riche homme d’affaires plus âgé, sait qu’elle défie toutes les conventions de la société japonaise traditionnelle dans laquelle elle a grandi.
Mais quand Hajime est retenu en mer sans perspective de retour quelques mois à peine après leur mariage, Naoko comprend qu’elle devra affronter seule le courroux familial et lutter pour sauver la vie de son enfant à naître.
Le choix impossible qui se profile bouleversera non seulement son propre destin, mais aussi celui des générations futures…

Je commence à apprécier de plus en plus les ouvrages publiés par les éditions Charleston (une marque des éditions Leduc) qui parviennent à dénicher de petits bijoux qui sont passés totalement inaperçus pour les lecteurs francophones. Effectivement, bien que La femme au kimono blanc fut publié en 2019, les chroniques dithyrambiques de l’époque ne sont parvenues à travers l’Atlantique.
Dès les premières pages, on prend conscience que l’on tient entre ses mains d’un récit de vie particulièrement émouvant et qui marquera tout lecteur qui aura le privilège de s’y plonger. A aucun moment le lecteur ne doutera de l’authenticité d’Ana Johns qui nous transmet des émotions que l’on ne pensent pas vraiment vivre dans ce type de récit.
J’ai beaucoup aimé l’alternance entre les deux personnages principaux ainsi que l’alternance des époques. Tantôt une jeune fille japonaise, d’à peine 17 ans, qui tombe amoureuse d’un américain dans la deuxième moitié des années 1950. Tantôt une jeune fille découvrant que son père possède un secret qu’il n’a jamais souhaité lui avouer et qu’il l’entraînera au Japon sur les traces d’un amour interdit.
Alors que les descriptions sont très nombreuses laissant peu de places aux dialogues, le lecteur ne s’ennuie pas le moindre instant. Chaque détail permet de donner davantage d’authenticité à un récit de vie poignant et forcément très émouvant.
Les derniers chapitres achèveront les âmes les plus sensibles. Alors que le dénouement final se dessine progressivement dans la tête des lecteurs, ces derniers se prennent les pieds et découvrent des émotions tapies au fond de leur âme qu’il n’aurait jamais voulu déterrer. L’immersion devient alors totale et l’espace d’un instant, qui ne dure que quelques minutes, on se retrouve catapulté dans un autre lieu, à des milliers de kilomètres, et totalement anéanti par ce que l’on vient de découvrir.

