
Auteur : Agatha Christie
Maison d’édition : Hachette
Année de 1ère parution : 1920
Prix : Collection Hachette au numéro
Durée de lecture : Environ 5 heures (≃ 57.000 mots)

Pendant la Première Guerre mondiale, Arthur Hastings, rapatrié en Angleterre, est invité dans la demeure de Styles Court (ou Styles en version abrégée) par son ami John Cavendish, qui lui apprend que sa mère s’est remariée avec un homme beaucoup plus jeune, le mystérieux Alfred Inglethorp. À Styles, tout le monde a l’air de le détester. Sauf évidemment Mrs Inglethorp.
Plus tard, Emily Inglethorp est empoisonnée et les soupçons pèsent sur Alfred Inglethorp. Hercule Poirot, ancien Inspecteur de Police Belge, qui est aussi au village de Styles Saint-Mary, est invité par Hastings à résoudre cette affaire. Apparemment, Poirot pense qu’ Alfred Inglethorp n’est pas l’assassin et il essaye de le disculper. Mais Poirot a-t-il une idée derrière la tête?…

Je tiens tout d’abord à préciser qu’il s’agit d’un roman publié en 1920, à une époque où le racisme (ou l’utilisation de termes racistes) n’était pas considéré comme une aberration. Les éditeurs français ont d’ailleurs pris la décision – même si l’on parle plutôt d’une normalité qu’une prise de position – de changer le titre du roman Dix petits nègres en Ils étaient dix. Certains ne comprennent pas ce choix, nous les appelons racistes.
Quelle ne fut donc pas ma déception, dans cet ouvrage publié par les éditions Hachette en 2023, de constater que le texte n’a pas été modifié afin de bannir définitivement ces termes inadmissibles qui sont bel et bien présent dans La mystérieuse affaire de Styles. Il m’a fallu environ 4 mois pour reprendre cette lecture après ces passages monstrueux.
Agatha Christie possède un style d’écriture très simple où tout lecteur est poussé à se demander si le métier d’écrivain n’est finalement pas à la portée de tous. Nous savons pertinemment que non, mais c’est un véritable bonheur de pouvoir lire une roman qui n’est pas dicté par les impératifs du XXIe siècle.
Je ne suis jamais parvenu à encadrer Hercule Poirot, du moins dans sa version télévisée des années 1990 et c’est probablement ce qui m’a toujours freiné de lire l’un des romans d’Agatha Christie mettant en lumière le détective belge. Ce dernier est nettement plus intéressant à l’écrit, beaucoup plus énigmatique, mais surtout beaucoup moins présent. En effet, les autres personnages occupent l’espace tandis que notre ami Bruxellois fait office de plante verte observatrice.
Agatha Christie fournit tous les éléments permettant aux lecteurs de résoudre l’enquête par eux-mêmes. Effectivement, aucune explication loufoque ou tirée par les cheveux n’est mise en avant. Tous les éléments s’alignent parfaitement et permettent de désigner en toute simplicité le meurtrier. Est-ce pour autant que son identité était attendue par le lecteur qui a lu des centaines d’intrigues policières que je suis ? Certainement pas, j’ai été totalement bluffé.

