
Autrices : Alice Léonard, Chloé Decleire, Giulia Lazzaro, Louise Attout, Lucie David
Maison d’édition : Livr’s Editions
Année de parution : 2024 (1er avril)
Prix : 9,95 € (broché)
Je tiens à remercier Livr’s Editions de m’avoir envoyé ce titre dans le cadre d’un partenariat.

Cinq jeunes plumes de l’imaginaire ont laissé parler leur créativité dans cette anthologie fantastique aux textes tantôt poétiques, tantôt horrifiques, mais qui invitent tous à la réflexion. Cette anthologie est le fruit d’une collaboration avec l’ASBL AJILE, Passa Porta (la maison des littératures de Bruxelles), et Livr’S Éditions.
AJILE est une Organisation de Jeunesse laïque qui propose des animations socioculturelles à destination des 3 à 30 ans et des formations/accompagnements pour les acteurs/trices du secteur Jeunesse en Wallonie et à Bruxelles. Elle encourage les jeunes à faire librement leurs choix culturels, philosophiques, moraux et favorise la libre confrontation de toutes les opinions et tendances pour en faire des citoyens responsables, actifs, critiques et solidaires.
Passa Porta, la maison internationale des littératures de Bruxelles, est un lieu de rencontre unique et plurilingue. Lecteurs et curieux y échangent avec des auteurs belges et internationaux. Ceux-ci, comme leurs traducteurs, y reçoivent l’opportunité de partager avec le public et/ou un espace de travail. Tous les deux ans, le Passa Porta Festival célèbre Bruxelles en tant que ville littéraire grâce à la venue d’une centaine d’écrivains et d’artistes du monde entier.


Un sombre songe d’Alice Léonard transporte le lecteur dans un monde énigmatique et mystérieux, où l’atmosphère sombre et indomptable est palpable dès les premières lignes. L’auteure, à travers une plume immersive et évocatrice, parvient à créer un paysage désolé, balayé par un vent vif et hostile. La description minutieuse des éléments naturels, tels que les falaises, les champs, et les vagues impétueuses, instaure une toile de fond visuelle qui enveloppe le lecteur dans un sentiment d’isolement et de danger constant.
Le protagoniste, Erland, colporteur d’histoires, incarne un voyageur intrépide qui traverse des terres hostiles pour récolter des récits fantastiques. Le contraste entre son désir de découvrir de nouvelles histoires et la réalité brutale de son environnement crée une tension narrative intrigante. Les détails méticuleux, tels que ses bottes et son manteau usés par les intempéries, renforcent l’aspect tangible de son périple épuisant.
Lorsque Erland atteint le village de pêcheurs, la tension narrative se transforme en une atmosphère plus chaleureuse et accueillante. Cependant, la rencontre avec les habitants émaciés et hantés par des ombres inconnues laisse présager un mystère latent. La générosité du chef du village, Frode, contraste avec la désolation apparente, créant ainsi une atmosphère de curiosité et d’anticipation.
Le récit prend une tournure fascinante lorsque Erland est conseillé de visiter le cimetière, où vit une femme oubliée aux connaissances infinies. L’intrigue s’intensifie à mesure que le protagoniste découvre la vieille femme, Anja, avec ses yeux absents et son aura mystérieuse. La manière dont elle partage ses récits, dont la mémoire s’efface aussitôt, ajoute une dimension poignante à son personnage.
L’auteure maîtrise habilement l’ambiance fantastique et le mystère, créant une toile narrative qui laisse le lecteur avide de réponses. Les éléments mythologiques, tels que la naissance des Nornes et les avertissements sur les créatures invisibles, ajoutent une couche supplémentaire d’intrigue et de complexité à l’histoire.
La fin de la nouvelle, avec son twist inattendu, laisse le lecteur perplexe et curieux. L’ambiance sombre et la révélation finale laissent entrevoir des développements fascinants à venir. Un sombre songe promet une expérience littéraire captivante et mystérieuse, où chaque mot semble soigneusement choisi pour tisser une histoire envoûtante.

L’Emprise du Temps de Chloé Decleire est une nouvelle captivante qui mêle habilement réalité, mystère et une touche de surnaturel. Dès les premières lignes, le lecteur est plongé dans l’expérience intense et bouleversante de la protagoniste, confrontée à une situation difficile dans une station de Virginia store.
La tension narrative est palpable à mesure que la narratrice découvre sa grossesse non désirée, soulignant la réalité des choix difficiles que certaines femmes doivent faire dans des circonstances où leurs droits sont limités. L’angoisse et la résolution de la protagoniste face à cette réalité sont bien rendues, ajoutant une profondeur émotionnelle au récit.
Le passage de l’intrigue à une fouille archéologique au Texas crée un contraste saisissant entre les enjeux personnels de la narratrice et les découvertes fascinantes de son travail. La description détaillée de la grotte et de ses peintures rupestres transporte le lecteur dans un monde mystérieux et énigmatique.
L’exploration de la grotte devient un voyage hallucinatoire, où la frontière entre la réalité et le surnaturel s’estompe progressivement. La découverte des peintures rupestres, en particulier celles représentant des visages de femmes, apporte une dimension mythique et mystique à l’histoire.
La narratrice, tourmentée par des visions et des sensations étranges, ressent une connexion personnelle avec les peintures et le lieu. La montée de l’angoisse est bien orchestrée, et le lecteur est pris dans le tumulte émotionnel de la protagoniste.
Le dénouement inattendu, où la protagoniste se voit liée à la fresque d’une manière troublante, ajoute une couche de complexité à l’histoire. La fusion du réalisme avec des éléments surnaturels crée une atmosphère de malaise et de fascination qui persiste après la lecture.
La symbolique du cycle de vie et de mort associé à la grotte donne une profondeur philosophique à l’histoire, laissant le lecteur réfléchir sur la nature éternelle de la grotte et son rôle dans le destin des femmes qui s’y aventurent.
L’Emprise du Temps est une nouvelle littéraire intrigante et merveilleusement écrite qui explore des thèmes complexes tout en offrant une expérience immersive au lecteur. La prose poignante et les éléments surnaturels créent une atmosphère envoûtante qui rend cette histoire inoubliable.

Mercredi matin de Giulia Lazzaro est une nouvelle qui plonge le lecteur dans une routine apparemment tranquille, mais qui prend un tournant inattendu et perturbant. L’auteure utilise habilement la structure narrative pour créer une atmosphère paisible et familière, puis brise subitement cette quiétude avec des éléments surnaturels et horrifiques.
L’utilisation des détails du quotidien, tels que le petit déjeuner au lit, les mots croisés, la sortie au parc, et les émissions de télévision préférées, crée un sentiment d’intimité et de normalité. Cela rend le déroulement des événements d’autant plus dérangeant lorsque la routine bien établie du personnage principal est brusquement altérée.
Le changement dans le comportement de Georges, son mari, est présenté de manière progressive, suscitant ainsi le questionnement et l’inquiétude chez le lecteur. Les indices subtils, tels que l’heure tardive de son retour du pain et son choix inhabituel pour le déjeuner, contribuent à créer une tension croissante. L’ambiance paisible se transforme ainsi en un suspense angoissant.
Le dénouement de la nouvelle est particulièrement frappant. L’utilisation d’éléments grotesques et surnaturels, tels que les cafards et les vers blancs sortant du pain, ainsi que la scène macabre où Georges et Stéphanie sont retrouvés pendus au plafond, confère une dimension horrifique à l’histoire. La chute finale laisse le lecteur avec un sentiment de malaise et d’horreur durable.
L’auteure réussit à créer une tension psychologique en évoquant les craintes et les doutes de la narratrice face à ces événements étranges. La perte de repères et la transformation de l’environnement familier en un cauchemar renforcent l’impact émotionnel de la nouvelle.
Mercredi matin est une nouvelle captivante qui utilise habilement la structure narrative et les éléments horrifiques pour créer une histoire qui reste gravée dans l’esprit du lecteur. L’exploration de la routine quotidienne, suivie d’une rupture brutale, donne à la nouvelle une dynamique puissante et mémorable.

L’esprit de Noël de Louise Attout est une nouvelle qui mêle habilement le thème de Noël à une atmosphère empreinte de mystère et d’angoisse. L’auteure nous guide à travers le quotidien d’un infirmier travaillant la nuit du réveillon dans un hôpital. Ce personnage, écartelé entre le devoir professionnel et le désir de partager ce moment festif avec sa famille, se retrouve confronté à des événements surnaturels qui bouleversent sa perception de la réalité.
Le récit commence avec une ambiance festive typique de Noël, mais rapidement l’auteure introduit des éléments perturbants. La présence inhabituelle de bouquets dans le casier du protagoniste suscite la curiosité, et le lecteur se retrouve plongé dans un univers où le surnaturel semble s’immiscer dans la réalité quotidienne de l’hôpital.
Louise Attout réussit à créer une tension croissante à mesure que le protagoniste est confronté à des phénomènes étranges, notamment les lumières clignotantes et le signal lumineux émanant de la chambre 246. Ces éléments contribuent à créer une atmosphère oppressante, accentuée par la réaction des collègues qui évoquent des apparitions fantomatiques.
L’utilisation de la chanson Frosty the Snowman comme fil conducteur ajoute une dimension symbolique à l’histoire. Les paroles résonnent de manière ironique avec la situation du protagoniste, créant un contraste entre l’innocence de la chanson de Noël et la terreur croissante qui s’installe dans l’hôpital.
L’auteure exploite également la psychologie du protagoniste, illustrant son scepticisme initial face aux histoires de fantômes évoquées par ses collègues. Cependant, cette incrédulité est mise à l’épreuve à mesure que le protagoniste est confronté à des phénomènes inexplicables, renforçant ainsi la tension narrative.
La fin de la nouvelle est particulièrement frappante, avec le protagoniste se retrouvant dans un état métaphysique entre la vie et la mort. La scène où il pleure devant son propre corps souligne la tragédie de la situation, ajoutant une dimension émotionnelle et poignante au récit.
L’esprit de Noël est une nouvelle captivante qui réussit à mélanger les éléments festifs de Noël avec une ambiance de suspense et de surnaturel. Louise Attout parvient à maintenir l’intérêt du lecteur tout en explorant des thèmes profonds et émotionnels, faisant de cette nouvelle une lecture coup de coeur inoubliable.

Le temps d’une journée à Triglav offre une plongée captivante dans l’univers mystérieux du parc national de Triglav, mêlant la beauté naturelle à une intrigue inattendue. L’auteure, Lucie David, parvient à créer une atmosphère immersive en décrivant les paysages slovènes avec une précision évocatrice.
Le récit suit Lija, une ranger travaillant dans le parc, dévoilant ainsi le contraste entre ses attentes et la réalité de son travail. L’utilisation du dialogue radio ajoute une touche de réalisme et permet une interaction dynamique entre les personnages.
La nouvelle prend un tournant surprenant lorsque Lija découvre des anomalies dans la nature environnante après avoir rempli ses fioles au fleuve Soca. Les descriptions des couleurs vives et des transformations visuelles créent un sentiment d’émerveillement, mais également d’inquiétude.
L’intrigue se densifie davantage avec l’introduction d’une alerte sanitaire touchant les habitants de la région et les collègues de Lija. Le mystère s’accentue lorsque l’eau est pointée du doigt comme possible source du problème. Les éléments de suspense et d’urgence contribuent à maintenir l’intérêt du lecteur.
L’histoire atteint son apogée lors de la rencontre de Lija avec un grizzli blessé. Les émotions complexes et la connexion entre l’humain et l’animal ajoutent une dimension émotionnelle à l’intrigue. Le récit laisse entrevoir des éléments de science-fiction et de mystère, suscitant la curiosité quant aux événements à venir.
La fin de la nouvelle offre une conclusion puissante et déroutante, avec une révélation surprenante sur le destin de Lija. Les questionnements laissés en suspens laissent place à l’imagination du lecteur.
Le temps d’une journée à Triglav de Lucie David est une nouvelle captivante qui mélange habilement la réalité et le mystère, offrant une expérience de lecture immersive et inattendue.
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