

Charlie Reade ressemble à un lycéen ordinaire, sportif et bon élève. Mais il porte un lourd fardeau : sa mère a été tuée dans un accident avec délit de fuite quand il avait dix ans, et le chagrin a poussé son père à boire. Charlie a appris à en prendre soin.
À dix-sept ans, Charlie fait la connaissance d’un chien, Radar, et de son maître vieillissant, Howard Bowditch, un reclus qui vit dans une grande maison au sommet d’une colline, avec une remise fermée à clé dans le jardin, de laquelle des sons étranges sortent parfois…

Ce roman est à la portée de tous les lecteurs. Ce roman n’est destiné qu’à une poignée de lecteurs. Je pourrais commencer cette chronique par ces deux phrases sans pour autant être incohérent.
Beaucoup attribue à Stephen King, à tord, un genre littéraire unique où ce dernier serait plutôt un « faiseur de cauchemars », un sadique prenant plaisir à horrifier ses lecteurs. Il est impossible, en effet, de fermer les yeux sur les célèbrissimes Shining et Christine, mais il est essentiel de découvrir une toute autre facette de l’auteur, celle qui fait de lui un auteur authentique.
Conte de fées est un roman qui semble avoir été écrit d’une seule traite et sans la moindre correction. L’auteur aime écrire comme s’il pensait, sans jamais chercher à éliminer le moindre mot. Dans cet ouvrage, beaucoup pointeront du doigt les longues descriptions où l’on pourrait même accuser Stephen King de vouloir à tout prix prolonger les aventures de son personnage principal. En ce qui me concerne, je pensais tout le contraire.
Alors qu’il m’a fallu attendre plus de 16 heures de lecture pour arriver au « premier » rebondissement, j’ai ressenti une grande déception. Celle de ne pas pouvoir continuer à vivre aux côtés de Charlie et d’Howard. J’étais tellement immergé dans l’intrigue que j’aurais souhaité qu’elle ne s’arrête jamais au point d’être à la limite de fondre en larmes au moment où cet équilibre se rompait. La seconde partie, plus proche du genre littéraire habituel de l’auteur, m’a semblé plus redondante et moins aboutie.
Certains éléments du récit qui m’ont rappelé que Stephen King écrit depuis longtemps et qu’il a un style un peu vieux jeu. Bien que l’histoire se déroule à notre époque, le personnage de Charlie, censé être né dans les années 90, agit et parle comme s’il avait grandi dans les années 50.
Sa description de la petite ville dans laquelle il a grandi est également typique des petites villes du Maine, où le temps semble s’être arrêté depuis l’introduction de l’électricité. Charlie ne jure presque jamais, il a un smartphone mais ne fait jamais référence à des sujets plus modernes. De plus, lorsque nous découvrons les « choses sombres » auxquelles lui et son ami d’enfance se sont livrés, il s’agit principalement de farces juvéniles peu intéressantes, comme faire exploser des boîtes aux lettres ou étaler de la merde de chien sur la voiture d’un professeur.
Cette combinaison d’éléments ancrés dans le passé et d’une narration contemporaine peut donner à l’histoire un sentiment de décalage temporel. Cela peut être perçu comme un choix délibéré de la part de l’auteur afin de créer une atmosphère nostalgique et rétro. Cependant, cela peut également rendre l’histoire moins accessible pour les lecteurs qui s’attendent à des références et des comportements plus en phase avec l’époque dans laquelle évolue les personnages.
