

Richmond, Virginie. Une femme noire et trois autres blanches ont été torturées, violées, égorgées. Rien, pas le moindre indice ne les lie entre elles, si ce n’est, précisément, l’assassin.
Kay Scarpetta, expert légiste, s’acharne à traquer le serial killer. Il est intelligent, rusé, et ne semble commettre aucune erreur qui pourrait mettre les enquêteurs sur la voie.
Scarpetta sait qu’il n’arrêtera pas, mais tout semble se liguer contre elle et contre la police pour favoriser le tueur. Si elle ne trouve pas très vite une piste pour remonter jusqu’à lui, une autre femme va mourir.

Postmortem est l’un des premiers romans que j’ai lu étant jeune. Je n’avais qu’une hâte, dans les années 1990, de me retrouver en vacances afin d’acheter les nouveaux romans de Mary Higgins Clark et de Patricia Cornwell. Constatant que le 26ème roman consacré au personnage de Kay Scarpetta sortira quelques jours après la publication de cette chronique, j’avais ce souhait de me replonger dans l’univers de l’auteur que j’avais quitté il y a plus d’un décennie.
Outre un sentiment de nostalgie relativement fort, j’étais en immersion totale tout du long de ma lecture. J’ai redécouvert un univers et un monde qui n’existe plus depuis, à mon avis, des siècles. L’ADN ? On connait peu, les analyses prennent des semaines. Internet ? Très peu utilisé, ou du moins n’existe pas sous le format actuelle. Téléphones portables ? Ha Ha Ha. Rien que vous cela, on ne peut pas s’empêcher de vivre une aventure sans aucun retournement loufoque consécutif à une manipulation information ayant pris 2 ou 3 secondes.
L’intrigue de ce roman se construit progressivement, pas à pas. Je suis parfaitement conscient que cela freinera de nombreux lecteurs, les plus jeunes, qui apprécient peu ce rythme lent qui, pourtant, confère une authenticité que l’on ne retrouve plus dans les polars actuels. Cela ne plaira pas à certains d’entre vous d’en prendre conscience, mais nous sommes ici dans un véritable roman policier, dans sa définition la plus pure.
J’ai pris beaucoup de plaisir à (re)découvrir les premiers pas de Kay Scarpetta, un personnage dont on ne peut que se souvenir, sans oublier Lucy ni même encore Marino (en sachant ce qui se passe ensuite, c’est encore plus savourant d’être témoin de son évolution). Ces derniers transpirent d’authenticité et cassent tous les codes que nous connaissons aujourd’hui en 2023.
L’enquête, en elle-même, est exclusive aux personnages. En effet, le lecteur ne sera pas en mesure de la résoudre par lui-même. Les indices distillés sont bien trop subtils, mais surtout réalistes, pour permettre l’identification du coupable avant les toutes dernières lignes.

