La Masculine – Laurence Kiehl

Auteure / Illustratrice : Laurence Kiehl (Qui-Elle)
Éditions : Les éditions du Net
Année de publication : 2018
 

Synopsis :

« Elle était une fois la rédactrice La K et sa manipulatrice préférée Glike, une intellectuelle trentenaire et une manuelle quinqua des Femmes à la plume. Dans leur ville parisienne où la Notre-Dame a été recyclée en usine champignonnière alors que la Tour-F-Elle penche désespérément vers l’Avenue de la Grande-Désarmée, les femmes ont survécu à une maladie ravageuse et mortelle. Toutes vivent sans leur couillue ! Les grammairiennes intensifient leur déloyauté langagière autour de la Langfem et une révolution couve… »

 

Remerciements :

Je remercie Laurence Kiehl d’avoir eu l’amabilité de m’envoyer La Masculine dans le cadre d’un partenariat via la plate-forme simplement pro.

 

Mon avis :

Les premières sont très déstabilisantes. Avec cette accroche en couverture, le lecteur ne peut qu’être tenté de trouver la faille, de trouver un tout petit mot au masculin afin d’exulter un immense « J’ai trouvé ! ». Et ce n’est qu’après une dizaine de pages que je me suis rendez compte n’avoir rien compris du contenu. Voilà une preuve supplémentaire que l’Homme (et j’en fais malheureusement partie) est, involontairement et sans arrière-pensées, focalisé sur sa volonté de suprématie à l’égard de la femme.

Laurence Kiehl est donc parvenue, sans intervenir, à me remettre à ma place et me faire prendre conscience qu’il n’est pas nécessaire de trouver les failles d’un texte, mais surtout qu’il est indispensable de faire confiance à son auteur afin de pouvoir profiter pleinement de l’histoire proposée.

Je me suis alors plongé dans un univers atypique, mais magnifiquement pensé. Pouvez-vous imaginer un monde où l’homme est banni au point de ne plus accepter l’utilisation des mots masculins ? Laurence Kiehl nous entraîne, dans un premier temps difficilement, dans une société qui n’est pas si improbable que ça.

Alors que j’ai toujours considéré la femme comme étant l’égale de l’homme, je me sentais peut-être un peu moins concerné par la problématique. Auteur, auteure ou autrice pour désigner une femme qui écrit ? Je m’en moquais royalement au point de ne plus supporter les nombreux « débats » sur les réseaux sociaux où les avis divergent, parfois avec agressivité. La Masculine m’a permet, en quelques heures seulement, d’ouvrir les yeux et de me poser de bonnes questions dont j’aimerais obtenir des réponses.

  • Pourquoi la femme devrait-elle faire des efforts pour être reconnue ?
  • Pourquoi n’est-ce pas logique qu’une femme gagne autant d’argent qu’un homme ?
  • En quoi est-ce choquant de féminiser des termes ? Pourquoi les académiciens sont outrés à l’idée d’utiliser autrice (qu’est-ce que cela sonne bien) et pas bouchère (c’est moche, non ?!) ?

La Masculine est un livre très particulier et n’est malheureusement pas à la portée de tous les lecteurs. A qui ce bouquin est-il adressé ? Quels sont les réels objectifs ? L’auteur veut-elle imposer une idéologie ? L’auteure tente-t-elle de poser les limites de la féminisation ? Les questions sont nombreuses et je ne suis pas toujours parvenu à y apporter des réponses.

L’utilisation exclusive de mots féminins a obligé l’auteur à trouver quelques parades, à dénicher des tournures de phrases étranges, parfois difficiles à cerner. Et pourtant, la plume authentique de l’auteure nous entraîne mot après mot, page après page sans que l’on ne parvienne à interrompre sa lecture. Mais là encore, je ne sais pas vraiment pourquoi je ne suis pas arrivé à poser le livre avant de l’avoir terminé. Une envie de le terminer rapidement et passer à autre chose ? Pour connaitre le dénouement (qui est très inattendu et parfait) plus vite ? Ou parce qu’il a provoqué en moins des émotions inconnues.

Les points positifs

  • Un style particulier, atypique.
  • Une plume humaine, authentique. L’autrice n’entre dans aucun moule !
  • Un récit époustouflant, très bien construit.
  • Fluidité de la lecture malgré de nombreuses tournures « hasardeuses ».

Le point négatif

  • Le vocabulaire peut se montrer inaccessible à certains lecteurs.

Ma note pour cette lecture : 16/20

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