
Autrice : A.D. Martel
Maison d’édition : Autoédition
Année de parution originale : 2020
Prix : 17,00 € (broché), 5,99 € (numérique)
Durée de lecture : Environ 5 heures (299 pages)

Un battement d’ailes, du sang sur la neige et une cicatrice immonde. Les arbres bourgeonnent et, avec eux, de nouveaux dangers apparaissent.
Il est temps pour Godefroy le Sanguinaire de réclamer son dû.
Il est temps pour Cyrielle d’agir.
Et si leurs plans ne se déroulaient pas comme prévu ? Jusqu’où iront-ils pour arriver à leurs fins ?
Complots, meurtres, trahisons… Replongez au cœur d’un Moyen-Âge empli d’amour et de dangers. Cette fois, percerez-vous le mystère qui entoure le Secret du Faucon ?

Lors de ma rencontre avec l’autrice au Salon du livre de Wallonie, à Mons, je lui avais confié être un lecteur rapide, de ceux qui avalent les pages avec gourmandise, parfois même avec une forme d’impatience. Je lui avais assuré pouvoir parcourir sa saga en une semaine à peine. La réalité fut plus cruelle encore. Il ne m’a fallu que quelques heures pour dévorer ce deuxième volume du Secret du Faucon. Et pourtant, pour la première fois depuis la parution du dernier tome d’Harry Potter, je me suis surpris à faire quelque chose d’inhabituel. Ralentir volontairement. Décider de ne pas lire la suite tout de suite. Repousser l’instant. Différer le plaisir.
Non par manque d’envie, mais par excès d’attachement. Ce sentiment rare, presque enfantin, de vouloir ardemment connaître la suite tout en craignant qu’elle n’annonce la fin. Quitter trop vite un univers aimé, c’est parfois une petite mort.
A.D. Martel n’est pas simplement une autrice qui m’a offert un bon moment de lecture. Elle est de celles qui rappellent, presque timidement, qu’il existe encore une littérature capable d’authenticité. Une écriture qui ne triche pas. Une voix qui ne cherche ni l’esbroufe ni la démonstration. Elle écrit comme on allume une flamme, sans certitude qu’elle prendra, mais avec la foi nécessaire pour tenter. Elle n’a pas écrit une histoire. Elle a insufflé une vie. Et le lecteur, happé, n’a plus qu’à respirer au rythme de ses personnages.
Ce qui frappe dans ce second tome, c’est la profondeur accordée aux êtres qui peuplent le récit. Pas de rebondissements tapageurs, pas de coups d’éclat artificiels. La densité naît ailleurs, dans une temporalité maîtrisée, dans l’acceptation du temps long, celui qui permet aux émotions de mûrir, aux doutes de s’installer, aux choix de peser réellement. L’intrigue ne se précipite jamais. Elle avance comme la vie elle-même, avec ses silences, ses hésitations, ses élans contrariés. Et c’est précisément ce qui rend l’attachement inévitable.
Il existe pourtant un élément sur lequel A.D. Martel n’a aucune maîtrise, alors même qu’elle en est l’origine. L’espoir. L’espoir du lecteur.
Impossible de ne pas imaginer déjà une fin, de ne pas désirer un avenir précis pour l’héroïne, de ne pas espérer que le monde qu’on lui souhaite soit celui qui adviendra. Et pourtant, cet espoir est sans cesse bousculé, fragilisé, remis en question par une narration d’une grande finesse, qui nous place souvent dans la confidence. Nous savons. Nous comprenons. Nous devinons parfois avant eux. Mais savoir n’est pas pouvoir. Le lecteur découvre alors une vérité presque philosophique. Ce ne sont ni ses désirs, ni même ceux de l’autrice, qui décideront du destin des personnages.
Car ces derniers se sont affranchis. Page après page, ils gagnent en autonomie, en densité, en vérité. L’autrice semble parfois n’être plus qu’une conteuse attentive, témoin d’une histoire qui la dépasse. Elle a donné la vie, mais ce sont eux qui marchent désormais seuls. Et nous marchons avec eux, dans cette zone fragile où tout peut encore basculer.
Le Secret du Faucon ne se révèle pas entièrement dans ce deuxième tome, et c’est tant mieux. Quelques réponses émergent, juste assez pour apaiser certaines interrogations nées dans le premier opus, mais de nouveaux mystères apparaissent aussitôt, plus profonds, plus vertigineux. L’univers s’élargit, se complexifie, sans jamais perdre son âme.
Comme je l’évoquais en ouverture de cette critique littéraire, j’ai terriblement hâte de poursuivre la saga tout en redoutant d’en voir un jour la fin. J’ai passé un moment de lecture si intense que je voudrais qu’il se prolonge indéfiniment. Il est rare de refermer un livre avec cette impression douce-amère, celle d’avoir vécu quelque chose de vrai.
Je ne peux qu’espérer une chose. Qu’A.D. Martel continue longtemps encore à faire vivre ses personnages. Et qu’elle nous laisse, à nous lecteurs, le privilège de les accompagner un peu plus loin sur ce chemin dont nous ne connaissons ni l’issue, ni le prix, mais dont chaque pas mérite d’être vécu.
D’autres lecteurs en parlent :
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- Fantasy Books Addict
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