
Auteur : Hellboy Dom
Maison d’édition : Livr’s
Année de parution originale : 2025
Prix : 18,00 € (broché)
Durée de lecture : Environ 3 heures (168 pages)

Flobecq, petit village champêtre et bucolique niché au cœur du Pays des Collines, en Belgique. La vie s’y écoule paisiblement, tel un long fleuve tranquille… sauf au numéro 16 de la rue de la Gare, où l’appel du sang semble avoir élu domicile.
L’inspecteur Maurice, qui espérait troquer l’effervescence de Bruxelles pour une existence plus sereine, découvre que le calme des campagnes n’est qu’un masque. Entre crimes glaçants et secrets enfouis, il devra naviguer dans les ombres du passé et affronter bien plus que le crime : les cicatrices profondes d’une région marquée par ses propres démons.

Avant même que l’auteur ne me parle de son roman, lors du salon du livre des Halliennales, je savais que je ne résisterais pas. Il y a des couvertures qui ne se contentent pas d’attirer le regard : elles vous happent, elles vous hypnotisent. Celle de 16 appartient à cette catégorie rare. Une façade rouge sang qui semble respirer, presque palpiter, comme si elle contenait déjà les battements d’une histoire à venir.
Je viens de passer quelques heures en Belgique, sur ces terres que je connais bien, à suivre une véritable enquête policière. Flobecq, le Pays des Collines, ses silences et ses brumes : tout y est. L’immersion fut totale, au point de m’attendre à croiser un certain Bertrand au détour d’un sentier (qu’on salue au passage, même s’il rôde plutôt du côté du Borinage). Je demande pardon à nos amis français qui n’y verront sans doute qu’une private joke ; mais c’est aussi cela, la littérature : elle crée des ponts entre nos complicités.
16, pour moi, appartient à cette catégorie que j’appelle une lecture plaisir. Pas besoin d’artifices, ni de rebondissements tonitruants pour captiver : tout repose ici sur la justesse. Une intrigue simple, des personnages vrais, un déroulement d’une cohérence rare. Hellboy Dom ne cherche pas à éblouir ; il raconte, et c’est justement dans cette modestie narrative que naît la puissance du texte. Il va droit au cœur des choses, sans jamais travestir la réalité sous un masque d’artifice.
Les émotions, elles, ne trichent pas. Elles vibrent, elles transpercent, elles touchent parce qu’elles sentent le vécu. Et l’on se surprend à y croire, à craindre, à espérer, comme si l’on connaissait personnellement ces habitants du numéro 16.
Et puis vient l’épilogue. Ce moment où tout vacille, où ce que l’on croyait acquis se fissure. Je m’attendais, je l’avoue, à un ultime sursaut, à un retournement capable de remettre mes certitudes à plat. Je ne fus pas déçu : cette dernière page, à elle seule, métamorphose le roman. Elle le hisse du simple « c’est bien » à un retentissant « quelle claque ! ».
Alors oui, j’avais aperçu ce final dès l’apparition de Nicole. Mais qu’importe ! L’effet reste délicieux, cette jubilation de lecteur pris au piège d’un plaisir anticipé, celle d’une fin qui vous laisse le souffle coupé, le regard perdu sur la couverture que vous contemplez à nouveau — la même, mais désormais porteuse d’un tout autre sens.
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