En eaux troubles – CS Duffy

Une nouvelle vie parfaite à Stockholm. Un homme parfait. Un cadavre sur la plage… 

Ellie James, une jeune journaliste d’investigation, abandonne sa vie à Londres pour s’installer en Suède avec l’homme de ses rêves lorsqu’elle tombe sur les restes d’un squelette en décomposition en pleine fête du Midsommar.

Elle se lance alors dans une véritable enquête dans un pays dont elle ne parle pas la langue et où elle ne connaît personne.

Sauf Johan.

L’amour de sa vie.

Celui qu’elle commence à soupçonner d’en savoir beaucoup plus sur le cadavre qu’il ne l’admet.

Est-il l’homme parfait ou Ellie a-t-elle découvert le crime parfait ?

Lire En eaux troubles de CS Duffy, c’est accepter de plonger dans un univers qui, de prime abord, semble familier. On croit entrer dans une enquête banale, un énième thriller où, dès les premières pages, se devine l’identité du meurtrier. Et pourtant, n’est-ce pas justement cela la littérature ? Réussir à transformer une évidence en mystère, un chemin balisé en voyage inattendu.

J’ai été surpris, non par la révélation finale, mais par l’intensité du trajet. CS Duffy possède ce talent rare : écrire comme on respire, donner l’impression que les événements se forment sous ses yeux au moment même où elle les couche sur le papier. Le lecteur n’est plus extérieur à l’histoire, il devient témoin, complice, parfois même victime de cette atmosphère oppressante. J’ai tourné les pages sans pouvoir m’arrêter, comme si je cherchais moins à savoir « qui » qu’à comprendre « comment » et « pourquoi ».

Il y a dans ce roman une force d’immersion qui rappelle que les intrigues policières ne sont pas seulement des devinettes mais des miroirs. Ellie, l’héroïne, n’est pas qu’une journaliste égarée dans un pays qu’elle ne connaît pas : elle est le reflet de chacun d’entre nous, confronté à l’étrangeté du monde, à l’opacité des êtres que l’on croit aimer. La Suède, avec ses paysages glacés et ses silences lourds, devient la métaphore de nos propres incertitudes.

Bien sûr, je pourrais exprimer un léger reproche. Non pas à l’autrice, mais à l’éditeur : au moment où je croyais poursuivre ma lecture encore une heure, le mot « FIN » s’est imposé, et les pages restantes n’étaient qu’une succession interminable d’extraits publicitaires. Le charme se brise, et l’on quitte l’histoire trop brutalement, comme un rêve interrompu par un réveil mal programmé.

Mais que ce détail ne masque pas l’essentiel : En eaux troubles réussit ce que l’on demande à un roman, à tout roman — nous entraîner ailleurs, nous troubler, nous retenir prisonniers d’un univers jusqu’à ce que, malgré nous, nous finissions par lâcher prise.

Note : 5 sur 5.

Si vous avez rédigé une chronique littéraire au sujet de ce roman, n’hésitez pas à me contacter afin que je puisse la mettre en avant ici-même.


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