
Autrice : Valentine Watrelot-Mingoia
Maison d’édition : Amalthée
Année de parution originale : 2017
Prix : 19,90 € (broché), 7,68 € (numérique), gratuit avec l’abonnement Kindle
Durée de lecture : Environ 7 heures (475 pages)

Alors que Nikita et ses amis se rendent sur la Huitième Dimension pour leur épreuve scolaire prévue depuis l’été précédent, ils ne se doutent pas du plan machiavélique que prépare Harald Fulgor. Leurs ennuis commencent quand David est empoisonné par une morsure de démon, le plongeant dans un long coma dont il ne sortira pas indemne… Les choses se compliquent lorsque le Maître des Ténèbres fait irruption dans l’École de l’Aigle Blanc, à la recherche de ses fils Seb et Dan, semant la panique parmi les Sorciers Blancs.
Les amis ne se doutent pas encore que le cruel Sorcier Noir prévoit de s’approprier une extraordinaire épée légendaire qui le rendrait invincible, lui permettant de conquérir toutes les Dimensions magiques.
Harald Fulgor réussira-t-il à s’emparer de la mystérieuse épée d’invincibilité ? Nikita et ses amis parviendront-ils à l’empêcher de dominer les Neuf Dimensions ? Accompliront-ils sans encombre les missions confiées pour cela par l’Empereur ?
Le destin des Neuf Dimensions est entre leurs mains. Une guerre se prépare…

Ma première rencontre avec Valentine Watrelot-Mingoia, lors du salon du livre des Halliennales, avait déjà laissé cette marque indélébile. Elle n’avait pas besoin de se draper d’artifices ; son aura, bien réelle, semblait flotter à mi-chemin entre notre monde et celui qu’elle avait enfanté. J’avais alors dévoré le premier tome des aventures de Nikita Ofgold, chaque page un éclat de verre brillant sous la lumière, chaque mot un pas de plus dans un monde où la réalité vacille.
Quand Valentine m’avait murmuré que je pouvais continuer ma lecture gratuitement via l’abonnement Kindle, une partie de moi s’était hérissée. Je ne voulais pas seulement lire ces livres. Je voulais les tenir entre mes mains, sentir le poids de ce monde sur mon cœur, tourner les pages avec la précaution de celui qui frôle une flamme. Après cinq ans à bannir presque tout livre papier de ma vie, l’univers de Nikita avait brisé ce vœu numérique.
Le temps s’est alors étiré, chaque jour une feuille arrachée du calendrier, jusqu’à ce que je retrouve Valentine à la Fête de l’imaginaire à Douchy-les-Mines. Là encore, elle se distinguait par sa simplicité désarmante, comme si elle n’était qu’une passerelle fragile entre ce monde et celui où Nikita lutte contre les ténèbres. J’ai serré contre moi les trois derniers tomes fraîchement achetés, comme des reliques sacrées, et je me suis préparé à plonger à nouveau.
Le deuxième volume de la série, Le Complot des Sorciers Noirs, s’est révélé aussi tranchant qu’un vent d’hiver. Oui, il aurait été aisé de pointer du doigt les quelques maladresses : l’intrigue parfois précipitée, cet amour naissant qui trébuche sur ses propres mots, ou encore ces chemins narratifs qui ne cherchent pas à surprendre mais à guider, lentement, inexorablement. Mais ces « défauts » sont la peau rugueuse d’une œuvre qui bat d’un cœur sincère. Là où tant de romans pour la jeunesse s’enlisent dans la conformité, Valentine ose livrer une histoire qui n’est rien de plus – et rien de moins – que le miroir des émotions humaines.
Elle n’écrit pas pour satisfaire une niche de lecteurs, ni pour se conformer aux standards glacés de l’édition moderne. Valentine écrit parce qu’elle en a besoin. Chaque ligne est un fil tendu entre son enfance et son présent, chaque personnage une ombre qu’elle a peut-être croisée dans ses propres rêves. Elle nous offre des émotions brutes, comme si elle avait plongé ses mains dans les entrailles de la vie pour en extraire tout ce qui palpite : la joie irradiante, l’amour fragile, la peur sourde, et cette détresse qui suinte des murs sombres de l’École de l’Aigle Blanc.
Ce tome m’a touché. Mais plus encore, il m’a ensorcelé. J’ai refermé le livre avec cette sensation d’inachevé, cette faim qui ronge l’esprit bien après la dernière page. Une petite voix s’insinue, douce mais insistante : « Et si c’était vrai ? » Et si, quelque part, Nikita Ofgold et ses amis foulaient réellement la terre d’une Enième Dimension, luttant contre les Sorciers Noirs pendant que nous, pauvres mortels, détournons les yeux vers nos écrans ?
Valentine Watrelot-Mingoia a réussi ce tour de force : faire vaciller la frontière entre la fiction et le réel, et nous laisser avec ce doute délicieux, cette ombre tapie au coin de l’esprit. Le genre de doute qui vous fait regarder par-dessus votre épaule, juste au cas où.
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