Les enquêtes de l’inspecteur Higgins [7] : L’énigme du pendu – Christian Jacq

Le Juge éternel : un très vieil arbre perdu dans la campagne anglaise, au cœur d’une forêt paisible. 

Qui pourrait troubler cette quiétude, sinon un pendu, un étranger venu imposer le progrès à un vieux village dominé par le châtelain, le pasteur, l’institutrice et le forgeron ? 

Dans la poche du défunt, une bible et une lame de tarot, celle du pendu. 

Tout près de la scène du crime, la résidence de l’ex-inspecteur-chef Higgins. Comment supporterait-il un tel désordre ? Mais l’énigme s’annonce presque indéchiffrable, en raison de la loi du silence.

Dès que j’ai reçu le septième volume des aventures de l’inspecteur Higgins, une surprise inattendue m’a sauté aux yeux : le dos de l’ouvrage, jusqu’alors inchangé d’un tome à l’autre, avait été modifié. Une tentative de modernisation ? Un effort pour harmoniser les dernières parutions de la série ? Pas exactement. Il s’agit, en réalité, d’un stratagème subtil visant à justifier une augmentation du prix, passant de 13,90 € à 14,90 €. Une décision habilement déguisée sous le prétexte d’une cohérence visuelle, mais qui n’en demeure pas moins décevante, tant le nouveau design semble banal et impersonnel.

Une fois cette amertume digérée, je me suis plongé dans L’Énigme du pendu avec l’espoir intact de retrouver l’univers singulier d’Higgins, ce personnage que j’apprécie tant. Christian Jacq, fidèle à son style, propose ici une enquête policière qui échappe aux conventions habituelles. Dans cet univers, il ne s’agit pas de permettre au lecteur de deviner l’issue grâce aux indices disséminés tout au long de l’intrigue.

Non !!! Chez Jacq, la révélation finale éclate comme un coup de théâtre, souvent inattendu, presque déroutant. Les éléments de l’enquête semblent parfois éparpillés, presque anecdotiques, jusqu’à ce que l’inspecteur en tisse les fils pour dévoiler une vérité que seul lui pouvait concevoir.

Certains lecteurs pourraient se sentir frustrés par cette approche, trouvant le dénouement parfois déconnecté des indices initiaux. Mais à mes yeux, c’est justement cette singularité qui fait la force de ces romans. Alors que le polar contemporain est souvent obsédé par des twists toujours plus spectaculaires, Christian Jacq prend un chemin plus humble, mais tout aussi efficace. Ici, pas de mécanismes alambiqués ni de fausses pistes tortueuses ; le coupable est souvent celui qu’on soupçonne le moins, une logique simple mais implacable. Ce n’est pas le « comment » qui importe, mais la manière dont Higgins, avec son flair et son intuition, finit par démêler l’indicible.

Dans L’Énigme du pendu, l’intrigue est, en apparence, d’une simplicité désarmante : un homme pendu à un arbre centenaire, « le Juge éternel », dans un village rural dominé par des figures emblématiques – le châtelain, le pasteur, l’institutrice, et le forgeron. La scène est empreinte de mystère, tout comme les habitants, liés par une étrange loi du silence. Et tout cela se déroule sous l’œil attentif de l’ex-inspecteur-chef Higgins, prêt à restaurer l’ordre.

Malgré une intrigue dépouillée et une absence de preuves tangibles, le roman parvient à captiver. La plume de Jacq, élégante et immersive, transporte le lecteur dans cette campagne anglaise où le temps semble suspendu. Higgins, avec sa méthode infaillible et son calme légendaire, reconstitue les faits avec une désarmante simplicité. Et bien qu’il semble parfois n’avoir que son intuition pour guide, il parvient à confronter l’assassin dans une conclusion qui, même sans éclat spectaculaire, ne manque pas de satisfaire.

Note : 4 sur 5.


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