

L’éternité n’empêche pas l’impatience : Noam cherche fougueusement celle qu’il aime, enlevée dans de mystérieuses conditions. L’enquête le mène au Pays des Eaux douces — la Mésopotamie — où se produisent des événements inouïs, rien de moins que la domestication des fleuves, l’irrigation des terres, la création des premières villes, l’invention de l’écriture, de l’astronomie.
Noam débarque à Babel où le tyran Nemrod, en recourant à l’esclavage, construit la plus haute tour jamais conçue. Tout en symbolisant la grandeur de la cité, cette Tour permettra de découvrir les astres et d’accéder aux Dieux, offrant une véritable «?porte du ciel?».
Grâce à sa fonction de guérisseur, Noam s’introduit dans tous les milieux, auprès des ouvriers, chez la reine Kubaba, le roi Nemrod et son architecte, son astrologue, jusqu’aux pasteurs nomades qui dénoncent et fuient ce monde en train de s’édifier.
Que choisira Noam ? Son bonheur personnel ou les conquêtes de la civilisation ?
Dans ce deuxième tome de la saga La Traversée des Temps, Eric-Emmanuel Schmitt met en jeu les dernières découvertes historiques sur l’Orient ancien, pour nous plonger dans une époque bouillonnante, exaltante, prodigieuse, à laquelle nous devons tant.

Plonger dans La Porte du Ciel, second volet de La Traversée des Temps d’Éric-Emmanuel Schmitt, c’est s’abandonner à une étreinte littéraire d’une rare intensité. La magie opère d’autant plus vivement lorsqu’on choisit le format audio, où l’auteur lui-même, de sa voix chaude et vibrante, souffle à nos oreilles les secrets du passé. Sous la caresse de chaque mot, l’immersion devient totale : un voyage qui transcende l’imaginaire, un baiser sonore à l’âme.
Pendant un instant suspendu, je me suis interrogé : jusqu’où Éric-Emmanuel Schmitt pouvait-il nous entraîner dans cette traversée de l’Histoire, portée par des figures bibliques qui n’ont peut-être jamais existé ? Est-ce une tentative audacieuse de traduire, à travers ses mots, une vision personnelle de ce qu’il considère comme historique, ou, comme dans les textes sacrés, devrions-nous nous abandonner à la richesse des symboles qu’il distille dans son récit ? Cette ambivalence, loin de troubler, invite à une réflexion délicieuse sur la frontière entre vérité et mythe.
Sans prétendre défaire les croyances qui habitent chacun de nous, j’ai choisi d’aborder ce roman avec un esprit dépouillé de préjugés, prêt à accueillir ce voyage hors du temps. Dès les premières instants, la voix sensuelle de Schmitt, à la fois caressante et grave, a tissé un sortilège. Se laisser guider par lui, c’est effleurer les âmes des siècles, entendre battre le cœur des civilisations disparues, et ressentir dans ses mots la chaleur des premiers feux humains.
Accompagner Noam dans cette odyssée, c’est devenir l’ombre d’un homme qui observe et se façonne à mesure que l’Histoire avance. À travers son regard, j’ai découvert comment l’homme, fragile et indomptable, s’est construit homme. Chaque époque, chaque instant traversé, dévoile une facette de cette quête universelle : bâtir, aimer, croire, mais aussi tomber et se relever. Ce voyage, empreint d’humanité, est bien plus qu’un simple récit ; c’est une immersion totale dans le souffle vital de l’Histoire, une danse intime entre le passé et l’intemporel.

