

Astrid, la quarantaine, vient de tout quitter. Son travail, sa maison, ses souvenirs. Seule, avec sa valise, elle s’installe dans une petite maisonnette isolée au cœur des montagnes, loin de tout ce qu’elle a connu. Après un drame qui a bouleversé sa vie, elle cherche dans cette nature sauvage une échappatoire, un moyen de se reconstruire. Mais peut-on vraiment fuir ce que l’on porte au plus profond de soi ?
Dans cette quête de solitude, les souvenirs affluent, les fantômes du passé reviennent hanter ses nuits. La montagne devient alors le reflet de ses combats intérieurs, entre les ombres du deuil et la lumière vacillante de l’espoir. Chaque jour est une épreuve, chaque pas une confrontation avec ses blessures.
Marie Pavlenko signe ici un roman bouleversant sur la résilience, le poids des absences, et la force qu’il faut pour accepter de renaître. Entre la beauté âpre des paysages montagnards et la tempête émotionnelle qui habite Astrid, Traverser les montagnes, et venir naître ici est une plongée intime au cœur de la perte et de la reconstruction.

J’ai découvert ce roman par l’intermédiaire d’Audrey, du blog Le Souffle des Mots, qui a su raviver mon envie de lire Marie Pavlenko. Il est vrai que j’avais déjà tenté une aventure littéraire avec cette autrice, sans succès, il y a quelques années. Cependant, encouragée par Audrey et par sa passion communicative, je me suis lancée à nouveau dans l’univers de Pavlenko avec Traverser les montagnes, et venir naître ici. Ce retour à son œuvre m’a permis de vivre une expérience de lecture bien différente, marquée par des émotions profondes et puissantes, en résonance avec mon propre parcours de vie.
Ce qui m’a particulièrement touchée dans ce roman, c’est la manière dont les thèmes de la perte, de la reconstruction et des relations familiales y sont abordés. Bien que l’histoire ne soit pas directement liée à la mienne, elle a réveillé en moi des émotions que je n’avais jamais pensé revivre à travers la fiction.
Les mots de Pavlenko, à travers la voix d’Astrid, m’ont renvoyée à mon propre passé, à ces instants où ma belle-famille a fait savoir qu’il aurait été préférable de ne pas permettre à la vie de ma compagne de voir le jour. Si cette situation est différente de celle d’Astrid dans le roman, le poids du jugement, la douleur, et la lutte pour trouver une place dans un monde qui ne vous comprend pas résonnent profondément en moi.
La plume de Pavlenko se distingue par une finesse et une subtilité qui savent capturer l’intimité de la souffrance humaine tout en laissant transparaître une forme de lumière, d’espoir, même dans les moments les plus sombres. Ce roman ne raconte pas simplement l’histoire d’une femme qui quitte la ville pour la montagne après un deuil, c’est une quête de sens, un cheminement vers l’acceptation de soi et de ce qui ne peut être changé.
La profondeur des émotions qu’Astrid traverse, tout au long de son exil volontaire dans cette maisonnette isolée, est décrite avec tant de justesse que, par moments, j’ai dû poser le livre pour reprendre mon souffle. Ce livre est plus qu’un simple récit de vie : il invite à une introspection, une réflexion sur ce que nous laissons derrière nous et sur la manière dont nous tentons de continuer à vivre, malgré tout.

