
Auteurs : Raven Blacky, Anaïs Buffet, Guillaume Chouteau, Jordi Vila Cornellas, Morgan Corven, Bao Dang, André David, Thierry Fauquembergue, Arnaud Garoux, Aurélie Genêt, Jean-Pierre Godelle, Sophia Humbert, Xavier Lhomme, Rémi Orain, Paul Simon, Camille Souribou, Guillaume Suzanne et Antoine Vanhel
Maison d’édition : Black Rabbit
Année de parution : 2024
Prix : 4,99 € (numérique)
Durée de lecture : Environ 4 heures (84.000 mots)
Cette chronique est publiée dans le cadre d’un partenariat avec l’auteur via la plateforme Simplement Pro.

Les dragons ne sont pas seulement des créatures de légende ; ils sont les gardiens de nos rêves, les symboles de nos peurs et les miroirs de nos âmes. Dans cette anthologie, dix-huit auteurs vous invitent à un voyage au cœur de l’imaginaire, où le dragon revêt tour à tour les traits du destructeur, du guide, du mystère, et même du compagnon.
Sous la plume de ces conteurs talentueux, découvrez des récits qui défient les genres et les conventions. Plongez dans les dernières heures d’un érudit frappé par une terrible malédiction, suivez le dernier espoir d’un vieil homme qui cherche à revoir le soleil une ultime fois, ou laissez-vous emporter par une légende bretonne où le dernier dragon d’Armorique ressuscite un passé glorieux.
De la fantasy épique à la science-fiction, en passant par la satire et le conte, De Flammes et d’Écailles explore la figure mythique du dragon sous toutes ses facettes. Chaque texte, avec sa propre sensibilité et sa propre voix, nous rappelle que, comme les dragons, nous sommes tous faits de flammes et d’écailles, de lumières et d’ombres, de rêves et de cauchemars.
Ouvrez ce livre et laissez-vous happer par ces créatures aux ailes de légende. Mais prenez garde : derrière chaque page se cache une vérité prête à vous dévorer.

Edwert d’Anquil de Guillaume Chouteau
La métamorphose et la quête de savoir
Guillaume Chouteau nous plonge dans un récit où la transformation physique d’Edwert devient une métaphore pour l’altération intérieure de l’âme humaine. Ce texte illustre de manière poignante comment la quête de savoir peut devenir une obsession dévorante, capable de transformer un homme en monstre. Chouteau nous confronte à la culpabilité et aux conséquences de nos actes, dans un monde où l’érudition se heurte aux limites morales.
Le Feu du Soleil d’Antoine Vanhel
La vanité humaine face aux forces de la nature
Vanhel réussit à allier science-fiction et poésie en évoquant un futur où l’humanité s’est barricadée derrière un bouclier pour se protéger d’un soleil devenu trop ardent. Le dragon, ici symbolisé par la chaleur solaire, devient une menace que l’homme cherche à contrôler, sans réaliser que cette maîtrise n’est qu’une illusion. C’est une réflexion sur la vanité humaine, qui croit pouvoir dominer la nature, alors qu’elle en reste fondamentalement dépendante.
Le Fléau de l’Empire de Jean-Pierre Godelle
Le poids des prophéties et l’inéluctabilité du destin
Dans cette nouvelle, Godelle utilise le dragon comme une allégorie de la prophétie et du destin inévitable. Le texte explore les thèmes du pouvoir et de la chute, montrant comment l’arrogance des dirigeants peut mener à la ruine. Les dragons, figures mythiques, deviennent les agents de la prophétie, marquant la fin d’une ère et le début du chaos.
Là où Attila a passé, l’herbe ne repousse plus d’Arnaud Garoux
L’ironie du destin et la destruction aveugle
Garoux dépeint un monde où les dragons incarnent la destruction pure et simple, telle qu’elle fut apportée par les grandes invasions. Ce texte, empreint d’une ironie mordante, nous rappelle que l’histoire est souvent écrite par ceux qui détruisent, laissant derrière eux des terres stériles, dépouillées de toute vie.
Le Dragon de poche de Paul Simon
La banalisation du merveilleux dans la modernité
Paul Simon nous raconte une histoire où le dragon, autrefois créature de légende, devient un objet de consommation. Cette nouvelle illustre la façon dont le merveilleux peut être banalisé dans une société moderne, où même les créatures mythiques peuvent être réduites à des jouets ou des animaux de compagnie. C’est une critique subtile de la manière dont nous traitons les merveilles du monde.
Les Dragons du Solustan de Jordi Vila Cornellas
La lutte intérieure entre devoir et liberté
Cornellas met en scène un monde ravagé par un dragon insaisissable, où les personnages sont tiraillés entre leur devoir de protection et leur désir de liberté. Cette nouvelle explore la lutte intérieure des héros face à une menace qui semble invincible, illustrant le conflit entre responsabilité collective et aspirations personnelles.
Le Jardin aux Millepertuis de Raven Blacky
La tendresse au milieu des ténèbres
Raven Blacky nous offre une histoire touchante où un chasseur de dragons, qui se révèle être un vampire dépressif, développe une relation inattendue avec une soigneuse d’animaux fantastiques. Ce texte est une ode à la tendresse et à l’humanité qui peuvent se manifester même dans les cœurs les plus sombres, mettant en lumière la beauté cachée dans les recoins les plus inattendus.
Drag One de Camille Souribou
La transgression et l’affirmation de soi
Souribou nous entraîne dans un futur où les dragons sont devenus des icônes de la culture populaire, incarnées par des drag queens. « Drag One » est une réflexion sur l’identité, la transgression et l’affirmation de soi dans un monde qui cherche à catégoriser et à normer. La figure du dragon, ici, devient un symbole de la liberté d’être soi-même, au-delà des conventions.
L’Or de Gliese de Morgan Corven
L’appât du gain face à l’inconnu
Morgan Corven nous raconte l’histoire d’une mission de colonisation sur une planète lointaine, où l’équipe découvre un secret terrifiant. Cette nouvelle est une parabole sur l’avidité humaine, montrant comment l’appât du gain peut mener à la découverte de vérités que l’on préfèrerait ignorer. Le dragon, ici, symbolise l’inconnu et le danger que recèle toute exploration.
L’Antre de la Dracène de Guillaume Suzanne
L’humour noir face à l’horreur
Guillaume Suzanne mêle habilement horreur et humour noir dans cette nouvelle où un chasseur de dragons se retrouve piégé par sa propre cupidité. C’est une réflexion sur la nature humaine, sur la manière dont nos désirs les plus sombres peuvent nous conduire à notre perte, tout en nous arrachant un sourire.
Le Dernier Dragon d’Armorique de Rémi Orain
La légende comme refuge contre le réel
Orain nous plonge dans une Bretagne où le dernier dragon devient le symbole d’un passé glorieux que l’on cherche à retrouver. Cette nouvelle, imprégnée d’humour breton, montre comment les légendes peuvent devenir des refuges face à un présent difficile, offrant une évasion tout en conservant une touche de nostalgie.
L’Épreuve du Feu d’Aurélie Genêt
La survie face à l’horreur
Aurélie Genêt raconte l’histoire d’une bataille épouvantable, dont le seul rescapé doit faire face à l’horreur de ce qu’il a vécu. Cette nouvelle est une exploration de la survie, du traumatisme et de la manière dont l’esprit humain tente de faire face à l’indicible. Le dragon, ici, est la personnification de cette horreur, une force que l’on ne peut que fuir.
Un dragon pour Noël (et ses conséquences) d’Anaïs Buffet
La satire de la surconsommation
Buffet nous propose une satire mordante de la surconsommation, où un milliardaire décide d’offrir un dragon à son fils gâté pour Noël. Cette nouvelle critique avec humour et acuité la manière dont nos sociétés modernes transforment même les créatures les plus fantastiques en objets de désir et de consommation.
Les enfants et le dragon de Sophia Humbert
Le conte cruel et les leçons de vie
Sophia Humbert raconte un conte cruel où des enfants indisciplinés découvrent à leurs dépens les conséquences de leurs actions. Ce texte, à la fois sombre et moraliste, utilise la figure du dragon pour rappeler que la discipline et le respect des règles ne sont pas des concepts désuets, mais des nécessités pour la survie.
Le Murmure du Dragon de Bao Dang
L’initiation et la dualité de la science et de la magie
Bao Dang nous entraîne dans un monde où science et magie coexistent, et où un jeune héros doit comprendre la véritable nature du dragon pour accomplir son destin. Cette nouvelle est une réflexion sur l’initiation, la connaissance, et la manière dont la science et la magie peuvent être deux faces d’une même pièce.
La dragonne au manteau vert doublé de rouge d’André David
L’anticipation et le contrôle social
André David nous présente une société future où la surpopulation est contrôlée par un corps judiciaire impitoyable, symbolisé par une dragonne. Ce texte d’anticipation pose des questions sur le contrôle social, la justice expéditive et les sacrifices que nous sommes prêts à faire pour maintenir un semblant de paix.
ZàDàD de Xavier Lhomme
L’absurde comme réponse à l’autorité
Lhomme nous offre une histoire absurde où un nid de dragons sème le chaos dans un monde ultra-règlementé. Cette nouvelle est une satire de l’autorité, montrant comment les règles les plus strictes peuvent être tournées en dérision par des forces incontrôlables, incarnées ici par les dragons.
Dracocène de Thierry Fauquembergue
La tragédie écologique et la fin d’une ère
Fauquembergue clôt le recueil avec une histoire tragique racontée du point de vue du dernier dragon. « Dracocène » est une métaphore poignante de la destruction écologique, où l’homme, dans sa quête de domination, finit par détruire non seulement les dragons, mais aussi son propre habitat. Cette nouvelle est une réflexion sur la fin d’une ère, où l’extinction des dragons symbolise notre propre anéantissement.

