La séquence des corps – Patricia Cornwell

Black Mountain, une petite ville endormie au fin fond de la Caroline du Nord. Une petite ville où la police locale n’a guère affaire à plus d’un homicide par an, et encore, et ou les gens ont bien du mal à s’habituer à fermer leur porte à clé la nuit, même de nos jours. Ce n’est guère le genre d’endroit où rôdent les serial killers, et pourtant… Quelle autre explication trouver au meurtre de la petite Emily, onze ans, enlevée chez elle après avoir assisté à une réunion paroissiale, et retrouvée quelques jours plus tard ?

D’autant que le modus operandi de l’assassin rappelle étrangement celui de Temple Gault, le tueur qui a réussi à échapper au F.B.I. et à Kay Scarpetta à l’issue d’Une peine d’exception. Appelés sur les lieux, Scarpetta et ses acolytes habituels, Marino et Wesley, vont avoir affaire à forte partie…

Une fois de plus, je me suis laissé tenté par suivre l’évolution l’un des personnages de fiction que je préférais quand j’étais jeune lecteur, Kay Scarpetta. Je suis toujours autant bluffé par la manière dont je parviens à m’immerger aussi facilement aux côtés de ce médecin qu’aucun d’entre nous ne souhaite rencontrer un jour. En même temps, qui voudrait obtenir un rendez-vous avec une femme qui passe ses journées à réaliser des autopsies sur des corps victimes d’atrocités inqualifiables ?

Patricia Cornwell, grâce à sa propre expérience personnelle et professionnelle, nous propose de nous plonger dans une intrigue qui vous tiendra en haleine de la première à la dernière page. Malgré un soupçon relativement évident sur l’identité de l’assassin de cette jeune fille de onze ans, l’angoisse monte de page en page où l’on prend vraiment conscience que l’héroïne est devenue un personnage auquel on s’attache émotionnellement au point de craindre par sa vie à chaque instant.

J’apprécie beaucoup le fait de retrouver des personnages récurrents d’un ouvrage à l’autre sans pour autant rendre le lecteur esclave de la série. Rien n’empêche, effectivement, de prendre le train en marche tant l’auteure parvient à nous proposer une oeuvre indépendante les unes des autres tout en offrant aux lecteurs assidus des subtilités et du contenu supplémentaire à apprécier.

Patricia Cornwell introduit de manière naturelle la relation homosexuelle d’un personnage qui nous accompagne d’ouvrage en ouvrage. Je suis agréablement surpris qu’en 1994, il existait déjà des êtres humains considérant l’orientation sexuelle des individus comme étant une « normalité » qu’il n’est pas nécessaire de définir à l’aide de mots. Une femme aime une femme. Pourquoi donc les auteurs du XXIe continuent-ils à préciser que deux femmes qui s’aiment sont lesbiennes alors que l’on ne précisent jamais qu’une femme aimant un homme est hétérosexuelle ?

Petite déception en cours de route au moment de prendre conscience que les éditions des Deux Terres n’ont pas fait le choix de proposer une traduction fidèle du titre de ce cinquième opus de la série consacrée à Kay Scarpetta (The Body Farm) qui occupe une place centrale dans la résolution de l’enquête principale. Je trouve cela plutôt décevant de vouloir changer radicalement un titre d’ouvrage sans aucun respect pour le travail de Patricia Cornwell et malheureusement, ce sera le cas dans la quasi-totalité des ouvrages de la série.

Note : 4.5 sur 5.


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