
Auteurs : Ragnar Jónasson & Katrín Jakobsdottír
Maison d’édition : Editions de la Martinière
Année de parution : 2023
Prix : 22,50€ (broché), 15,99€ (e-book)
Durée de lecture : Environ 5 heures (≃ 77.000 mots)
Je tiens à remercier les éditions de la Martinière de m’avoir envoyé ce roman dans le cadre d’un partenariat via la plateforme Netgalley.

Août 1956, une jeune adolescente de quinze ans disparaît sans laisser de traces sur une petite île au large de Reykjavík.
Trente ans plus tard, l’Islande n’est plus la petite nation timide de l’après-guerre et se prépare à recevoir un grand sommet réunissant les USA et l’Union soviétique. Mais aucun Islandais n’a oublié cette énigme, jamais résolue.
Alors que Reykjavík s’apprête à fêter son 200e anniversaire, une journaliste décide de remonter aux sources de cette mystérieuse affaire – aux conséquences imprévisibles.
Le maître du polar islandais, Ragnar Jónasson, est devenu l’un des romanciers internationaux les plus reconnus. Et c’est en France, un pays qu’il aime profondément, qu’il remporte le plus grand succès : plus d’un 1,1 million de livres vendus. Il est l’auteur de la série mettant en scène l’enquêteur Ari Thór (dont le roman-phénomène Snjór) et de la trilogie à succès La Dame de Reykjavík. Grand lecteur d’Agatha Christie, il a aussi traduit la plupart de ses romans en islandais.
Le parcours de la première ministre d’Islande, Katrín Jakobsdóttir, passionnée de littérature policière, n’est rien de moins que singulier. Après des études de lettres à l’université de Reykjavík et un mémoire sur l’écrivain islandais Arnaldur Indridason, elle devient conseillère linguistique et écrit pour plusieurs médias islandais. Écologiste, féministe et antimilitariste, elle est nommée première ministre d’Islande en 2017, devenant ainsi la seule écologiste à la tête d’un gouvernement dans le monde.
Reykjavík, son premier roman, co-écrit avec Ragnar Jónasson, est déjà un phénomène en Islande et très attendu à l’international.

Le roman est porté par un journaliste déterminée qui décide de plonger dans le passé pour exhumer les secrets de cette mystérieuse affaire. Ce personnage très simple nous guide à travers les méandres de l’histoire islandaise tout en mettant en lumière les répercussions imprévisibles que peut avoir la recherche de la vérité. L’enquête dévoile peu à peu les vies brisées et les secrets de famille bien gardés, offrant un aperçu saisissant de la complexité humaine.
L’écriture de Ragnar Jónasson, célèbre pour ses romans policiers en Islande, s’associe de manière harmonieuse avec la contribution de Katrín Jakobsdóttir, apportant une profondeur narrative et une perspective politique à l’histoire. Le lecteur est immergé dans une Islande où les paysages sauvages et la culture islandaise se mêlent à une histoire captivante.
Là où « Reykjavik » se distingue particulièrement, ce sont les rebondissements inattendus qui jalonnent l’intrigue. Ces twists surprenants m’ont profondément choqué. Les auteurs ont clairement réussi à créer une intrigue captivante qui garde le lecteur en haleine jusqu’à la fin. Les émotions fortes que j’ai ressenties en lisant le roman témoignent de la maîtrise de l’art de la narration de Ragnar Jónasson et de la manière dont ils ont su construire une histoire complexe qui sait garder son mystère jusqu’au bout.
Les auteurs parviennent avec brio à dissimuler habilement la vérité en pleine lumière, utilisant des artifices de narration qui évoquent incontestablement l’ambiance des romans d’Agatha Christie. Au cœur de cette intrigue initiale, centrée sur la disparition de Lára, se trouve un moment charnière, situé précisément à mi-chemin du livre, où la vérité menace de surgir, mais où un événement inattendu survient, momentanément suspendant la révélation. C’est à ce moment précis que l’on ressent une transition de rythme, à la manière des enquêtes de Miss Marple ou d’Hercule Poirot. L’intensité monte en flèche, tout comme mon engagement envers le livre. Les dernières pages m’ont véritablement happé, me maintenant captivé, les yeux rivés à la page, animé par le désir ardent de voir la vérité enfin révélée.
C’est une œuvre magistrale, une rareté qui émerge une fois par décennie. Malgré la simplicité apparente de l’intrigue, le lecteur est irrésistiblement emporté par les événements, exprimant son étonnement à chaque tournant de page. La conclusion finale, tout aussi spectaculaire qu’imprévisible, ne fait que renforcer cette impression d’émerveillement.

